Par M.B.
De toutes les stations de métro parisien, une seule porte un nom de femme : Louise MICHEL, en la commune de Levallois-Perret, où l’écrivaine fut enterrée lors de funérailles qui ont rassemblé 120.000 personnes… J’ai été ébloui par la justesse de ses description du peuple canaque, lorsque je vivais à Nouméa. Rappelons que Louise MICHEL est avant tout une poète, en plus d’avoir été si populaire auprès du peuple, mais aussi par de noms illustres comme Georges Clemenceau ou Victor Hugo.
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Il devient obligatoire, pour les sites web d’administrations publiques, de se rendre accessibles aux handicapés. La loi «Handicap» du 11/02/2005 vient de recevoir son décret d’application. Les sites doivent s’adapter aux non -voyants, malvoyants et malentendants. Les modalités de contrôle et de conformité sont très bien expliquées sur le site pétitionnaire www.web-pour-tous.org :
- Lorsqu’un site respecte les règles d’accessibilité, Michel, handicapé moteur, peut naviguer sur les pages sans jamais utiliser de souris, avec le clavier traditionnel ou un dispositif adapté.
- Lorsqu’un site respecte les règles d’accessibilité, Julien, aveugle, peut écouter le contenu de chaque page lue par son navigateur vocal, et naviguer à l’aide des indications données par celui-ci.
- Lorsqu’un site respecte les règles d’accessibilité, Papi et Mamie ne sont pas gênés par la taille des textes, ils peuvent utiliser la fonction de « grossissement des textes » de leur navigateur.
C’est beaucoup plus agréable à lire que la loi. Voyez vous-mêmes, si vous avez peine à trouver le sommeil:
Art.1 «Un référentiel d’accessibilité fixe, pour l’Etat, les collectivités territoriales et les établissements publics qui en dépendent, les règles techniques, sémantiques, organisationnelles et d’ergonomie que doivent respecter leurs services de communication publique en ligne afin d’assurer aux personnes handicapées la réception et la compréhension de tout type d’information diffusée sous forme numérique, de leur permettre d’utiliser ces services et, le cas échéant, d’interagir avec ces derniers.
Ce référentiel s’applique aux différents types de handicap et aux différentes technologies mises en œuvre par les services de communication publique en ligne, en particulier l’internet, le téléphone et la télévision.»art.3 «Les services de communication publique en ligne des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être mis en conformité avec le référentiel d’accessibilité mentionné à l’article 1er du présent décret dans un délai de trois ans à compter de la publication du présent décret. Ce délai est réduit à deux ans pour les services de communication publique en ligne de l’Etat et des établissements publics qui en dépendent.»
Je crois que vous venez de survoler le paragraphe ci-dessus. Si vous souffrez du handicap de la fainéantise, un site est faire pour ça.

Et enfin, si vous voulez tester votre propre regard sur les handicaps, lisez cet excellent papier avec des photos puissantes de Michel Bony.

Sandra m’autorise à diffuser ici notre échange de courriers électroniques :
Sujet: Question de style
Bonjour Martin,
Je me permets de t’envoyer un mail pour te poser une question qui va sans doute te paraître déroutante.
Voilà, je m’attèle à l’écriture d’un recueil de nouvelles. J’en ai écrit plus de la moitié et – étant en panne d’inspiration – je reprends la lecture complète. La première nouvelle est une histoire policière.
La scène se passe au moment où on découvre un corps présent dans un bidon depuis plusieurs mois et là, au lieu de mettre « L’odeur est atroce », j’ai mis « L’horreur est atroce ». Je l’ai fait lire à un ami qui m’a rétorqué (Lire la suite…)
Parfois, la philosophie s’invite sans crier gare, en plein quotidien. Et, donc, même dans ce blog. La preuve: Dans un des lieux les plus sacrés de notre système social, le tribunal, se prononce quotidiennement un mensonge ridicule. Chaque témoin appelé à la barre est prié de jurer qu’il va «dire la vérité, rien que la vérité, toute la vérité». Sans rire.

La Vérité sortant du puits. Peinture d'Edouard Debat-Ponsan, musée de l'Hôtel de ville d'Amboise ©Ville d’Amboise
«Dire la vérité…» Cette formule est un mensonge. J’ai tendance à répondre comme Ponce Pilate : Qu’est-ce que la vérité? Notez que le livre (la Bible) qui relate cet échange avec Yeshua (en français, Jésus) ne donne pas la réponse de ce juif traduit en justice pour blasphème. En même temps, on n’allait pas demander un ouvrage de philo à l’auteur de cette compil’ biblique, l’empereur Constantin le Grand, au premier concile de Nicée, qui a fait des choses pas jolies jolies avec les dogmes et les enseignements. Grand par ses magouilles politiques, le Constantin, c’est sûr. Mais philosophe, on peut en douter. Nos politiques actuels n’avaient rien à envier à leurs modèles antiques. C’est ballot, la réponse du Nazaréen m’aurait intéressé. En philo, on entend souvent cette définition: La vérité est une relation fidèle de la réalité. Vous comprenez que le petit héraut du journalisme se balade tout près…
Bref, revenons à notre formule judiciaire. «Dire toute la vérité…» Je vous vois d’ici glousser en vous trémoussant devant le ridicule de cette prétention. Qui saurait dire toute la vérité? Allons, quelle que soit l’affaire, chacun l’observe de son point de vue. J’aime schématiser la vérité en forme de sphère, dont chacun connaîtrait un point. Un peu comme notre regard sur Terre avant de voyager.
Il me semble que la formule judiciaire serait plus juste, et moins ridicule, sous la forme suivante:
Je jure de dire honnêtement et sans travestir mon souvenir toute information dont j’ai connaissance sur l’affaire. Ca sera déjà pas mal, et je ne vais pas me la péter en prétendant connaître la Vérité.
Et c’est là que se pose la question suivante (les questions avec moi, ça n’arrête pas, vous êtes prévenus): c’est quoi, une information?
Là, on tombe dans les questions de journalisme essentiel, pile poil ce que j’enseigne. Le juridisme a beau être un art et un jargon professionnel, il gagne parfois à écouter les humbles petits métiers qui le fréquentent et aiment également la rigueur du mot juste.
Par M.B.
Je marche en montagne, sur les sentiers en surplomb d’un ruisseau alpin. Ce long cours d’eau s’engouffre dans les parois rocheuses, enserré par les falaises de granit qui le compriment et s’écartent soudain pour former un petit lac vert.

Les arbres escaladent les pentes, en forêt éparse. Je prends le chemin à vélo avant d’emprunter un sentier minuscule, à peine carrossable, jusqu’au point où le sentier s’enfuit dans les herbes et les feuilles, sur cette pente raide.
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Par M.B.
Ils écrivent l’histoire, mais certains discours vieillissent, et d’autres pas. Voici la force des grands êtres : la justesse de leur regard.