Vos progrès d’écriture depuis l’enfance ?

Regardons en arrière, nos progrès depuis l’enfance, en culotte courte, stylo dans nos petites mains tachées…

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Le 26 décembre 2010 par Martin | Catégorie : enfants | 3 Commentaires

Papier d’ambiance – Mes stagiaires bavardent au resto : Vont-ils se rappeler les saveurs sans prendre de note ?

Par Martin BOHN

Dernier jour du stage Rédiger pour être compris, au CFPJ. Une semaine pour transmettre à mes stagiaires un condensé de techniques d’écriture journalistique. Je leur réserve le papier d’ambiance pour le vendredi. Cadeau pédagogique. Et comme ils ont travaillé rapidement, nous pouvons le commencer au restaurant. Mais en les voyant bavarder, je m’inquiète un peu…

Ils m’inquiètent pour cet exercice. Je devrais dire elles, mes stagiaires, cinq femmes, un homme. Le stage s’achève par ce dernier exercice d’écriture : le  papier d’ambiance. Nous avons choisi de le commencer au restaurant Thaïsil. Un thaïlandais à l’atmosphère délicate et la cuisine raffinée.

Mais le groupe discute, savoure son plat sans prendre aucune note. Virginie ouvre le bal sur des récits de Thaïlande. Je suis captivé. Mon esprit plonge dans ce littoral de rêve. J’emporte mes palmes dans ces mers chaudes. J’imagine le voyage. Manger thaï est une manière de faire entrer, par le corps, l’accoutumance à la vaste culture de cette lointaine langue de terre qui sépare la mer d’Andaman de la mer de Chine. Et tout est douceur dans l’assiette. Des saveurs sucrées sur un poulet grillé, accompagné d’un délicieux riz blanc, moi qui en raffole. C’est le moins qu’on puisse attendre d’un bon resto nous apportant la cuisine de Thaïlande, véritable grenier à riz du Sud-Est asiatique.

Grand bonheur

Par un étonnant chevauchement de commandes, mon entrée arrive avec mon plat chaud. J’ai super faim, pas déjeuné ce matin. Alors je mélange les goûts dans la bouche, comme la cuisine thaïlandaise marie dans un même plat les saveurs sucrées et salées, douces et amères… La fraîcheur d’une salade de papaye et citron vert côtoie le poulet grillé au riz blanc, savoureux dans sa cuisson poêlée. La papaye râpée qui croque sous la dent au milieu des carottes et du soja frais, relevée d’une pluie de gingembre doux. Je reviens à mon poulet chaud, grillé dehors et fondant dedans, son enveloppe dorée qui préserve la tendresse de la chair à peine rosée avec cette saveur de citronnelle et de sauce délicieuse.

Tout autour de moi, les stylos sont rangés. Je décide de ne pas m’en inquiéter. Et de faire mon petit bonhomme de repas. J’ai noté quelques mots-clés en support mémoriel, et observe mes collègues, gourmands, savourant avec un même bonheur cette cuisine qui me transporte.

Les discussions deviennent franchement animées, nous imitons des accents de France, entre deux bouchées et rires communicatifs. Et je déguste avec le même bonheur l’atmosphère amicale qui s’est installée encore plus fortement ce vendredi. Je savoure cette saveur invisible et harmonieuse. Et me demande combien j’en retrouverai la trace dans leurs textes.
Retour en salle, lecture des papiers d’ambiance. Je suis pleinement rassuré, heureux, fier d’eux. Les papiers sont vivants, doux, jolis, personnels. Parfois très drôles, souvent teintés d’une poésie que je n’avais même pas évoquée. Je savoure leurs textes avec le plaisir d’un enfant à qui on lit une histoire : mes stagiaires se sont rappelé l’essentiel. Chacun de leurs textes est soigné comme des assiettes de bonne cuisine thaï.


Le 12 décembre 2010 par Martin | Catégorie : 05 FORMATION | Aucun commentaire