Par M.B.
Comment adoucir son style, instaurer la sérénité dans un texte ? La plume affinée commande d’apaiser sa pensée. Extraits de ma pédagogie…
Laissez respirer la parole. Le temps du silence, doucement, s’installe. C’est le rythme, ternaire, comme une pulsation. Parlez à voix haute, écoutez votre texte. Et quand il est musique, il parvient à chanter. Alors s’il vous plaît, n’y touchez plus.
Le langage est parole et musique, rien ne les dissocie, n’en déplaise aux endormis. Quand il touche à l’harmonie, vous le sentez, il permet à l’intérieur et l’extérieur de communiquer.
Notre vie est ce qu’en font nos pensées.
Marc Aurèle
Installer le calme dans votre écriture lui permet de se démarquer du vacarme environnant. Comment ? En apaisant vos idées, leur signifiant un ordre, et en les avançant avec douceur, dans un rythme tranquille.
Pas de négation, pas de précipitation : sentez comme ces mots cognent et descendent. Préférez l’action calme, la syntaxe positive et respectueuse de l’imaginaire, celui que le lecteur vous prête pour jouer avec.
Ecoutez. Tout est là .
La prière, la vraie, est silencieuse. Oui, silencieuse, parce que toute parole est imparfaite.
Francine Ouellette
Intéressant billet (et blog), qui je n’en doute pas m’aidera dans ma propre écriture !
Juste pour le plaisir de (contre) dire, si de l’apaisement jailli le sens, l’émotion peut naître d’une énergie non canalisée. Le style s’en ressent, mais reflète alors l’état d’esprit, peut être mieux ?
Ta question me fait sourire. Elle revient à demander : l’émotion doit-elle servir le style, ou bien le style est-il au service des émotions ?
J’ose penser que chacun connaît la réponse…
J’ose penser que ma réponse sera la bonne… L’émotion doit servir le style, parce que s’il se retrouve sous la tyrannie des émotions, sa qualité n’en sera que bien inconstante (aléatoire ?) puisque sensible au joug émotionnel. De plus, se laisser entraîner à une émotion oblitère les autres, or en tant qu’écrivain (très) amateur, je pense que la subtilité se joue à une multitude de niveaux. Enfin, moi, ce que j’en dis…
Hé bien Yohan, tu me dois une bière. Je viens de parier intérieurement que le premier qui se tromperait me paierait une bière. Voilà, ça tombe sur toi. C’est très cool. Et puis ça te laissera le temps de m’expliquer ce que tu veux dire en termes simples, pendant que je sirote la mousse. Ensuite, l’oeil luisant d’un soupçon d’intelligence alcoolisée, je t’expliquerai pourquoi, à mon humble avis aussi, l’écriture est un vecteur d’émotions. Pourquoi les mots sont là pour transporter des fragments de coeur. Pourquoi ce qu’on donne de soi dans un texte peut remuer les tripes du lecteur, quand le terme est vrai, le ton juste, la pensée claire…
Santé !
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