Allez, voici un truc aussi simple qu’efficace : mon secret pour atteindre une relative maîtrise d’écriture.
Il est 03h06 du matin. Je viens de me lever et d’attraper le Bescherelle pour vérifier la conjugaison du verbe acquérir au présent, première personne du pluriel. Résultat : nous acquérons. J’avais écrit « nous acquerrons la maîtrise », mais un doute me taraudait sur l’oreiller.
Voilà mon secret. Ne pas fermer les yeux sur une question. Elle menacerait de me garder éveillé. Depuis des années, je me lève la nuit pour ouvrir un Petit Robert, un Bled, un Bescherelle, un Baudelaire, une bible, un coran, un dictionnaire étymologique, un précis de typographie, ou n’importe quel livre qui apportera la réponse à la question culturelle et littéraire du jour. Au lieu du rêve, un livre. J’ai la question impatiente. Elle nuit au sommeil, parfois. Mais je m’endors satisfait.
Le secret n’est finalement qu’une loi de mémorisation régulière, à une heure où le cerveau calme est parfaitement disponible. Le mot nouveau se grave immédiatement avec son sens exact. Et après des années de ce traitement, mon français s’en trouve enrichi.
Bonne nuit.
4 Commentaires
Ha ! sur ce point nous sommes pareils, impossible de rester sur une faim, il faut savoir coûte que coûte en sachant que la réponse est forcément quelque part.
En vous lisant, je me sens moins seule ce matin et je ris de mes compulsions savantes similaires aux vôtres ! Je croyais être au seuil du port de la camisole mais je suis rassurée d’apprendre que cette maladie n’est pas orpheline ! Souffrir de la recherche d’absolu dans l’écrit doit être contagieux ! Merci
J’apprécie de trouver d’autres quêteurs (trices) d’absolu ! La connaissance finalement procède d’une insatisfaction du savoir acquis, d’une soif de profondeur / hauteur / largeur ou toute dimension qui vous conviendra.
Merci à vous pour cette solidarité dans la folie douce du savoir. Je songe simplement que nous avons gardé ainsi une âme d’enfant, qui enchaîne les pourquoi à l’infini…
« une âme d’enfant, qui enchaîne les pourquoi à l’infini… » c’est exactement ça.
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