Comment un stage d’écriture prend vie ? L’ingénierie pédagogique au quotidien : Très longue gestation.Quand je mets en ligne un stage d’écriture, c’est une naissance après une très longue attente. Un stage possède sa propre histoire de vie. Il est conçu, vient au monde, mûrit et meurt. Voici comment.
Conception pédagogique
« Dis Martin, comment faire pour améliorer mon style d’écriture ? Tu me conseilles quoi lorsqu’on a peur de la page blanche ? J’aimerais un avis pour écrire un livre… »
La question d’un stagiaire plante en mon cerveau la première graine. Terre meuble et curieuse, le mental s’en empare avec la gourmandise qu’inspire un mystère. Les questions s’enchaînent en secret, l’enquête commence.
Pourquoi cet adulte exprime un besoin si puéril ? Comment débloquer sa faculté rédactionnelle ? Le style, c’est quoi ? Où trouver, dans le quotidien, des exemples répondant à sa quête d’écrivain en herbe ? Quelles études proposent les spécialistes ? Dans mon expérience d’écrivain, quelles anecdotes démineront ses peurs ?
Car former, c’est apporter d’abord de la confiance, avant l’apport technique. Mes collègues formateurs font ce même constat.
La question de départ germe ainsi en mon esprit. Parfois, des années : huit ans pour le stage sur le juge intérieur. Jusqu’à ce qu’une autre question similaire éveille ma curiosité, attise ma soif pédagogique, et appelle les réponses.
Alors s’enclenche une véritable gestation, la phase d’ingénierie pédagogique démarre en douceur. Je note les questions en vrac, les comportements, la mécanique intérieure. Il me faut des constats, du concret, comme un thérapeute guettant les symptômes, sondant les corps et les cœurs. Notamment en stages d’épanouissement personnel, pour exprimer l’indicible. Les stages plus techniques, écriture journalistique ou artistique, recueillent d’abord témoignages et procédés.
Puis vient la phase test. Des cobayes volontaires m’aident à tester les exercices. Les plus efficaces sont inscrits dans le déroulé pédagogique, bâti en progression régulière. Alors, il n’y a plus qu’à publier le résultat. Ainsi, il vient au monde.
M.B.
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