Martin BOHN, formateur en techniques d’écriture pour les journalistes, écrivains et chargés de communication

Journaliste rédacteur, enquêteur et photographe, j’ai été appelé en 1998 à former des journalistes. Ainsi, je transmets des outils affinés depuis bientôt dix-sept ans. Écoles de journalisme, entreprises et institutions font appel à ma maîtrise de la parole dans le cadre d’une approche éthique.

Contact

CV Martin BOHN

Martin BOHN ©Aurélie COTTIER

Mon chemin a commencé en radio (RTL) et presse quotidienne (Ouest France, la Voix du Nord, les Nouvelles calédoniennes). Reporter, photographe, puis rédacteur en chef magazine (Vivre l’aventure).

Scoops

Fruit toxique du racisme : un mort. Le 1er mai 1995, j’ai fourni à l’antenne (RTL) le scoop national du meurtre de ce Marocain jeté dans la Seine par un manifestant du Front national, Michaël Fréminet, 18 ans, pendant le défilé. Cette première enquête rapide marque une carrière. Je salue la mémoire de Brahim Bouarram, dont les pompiers ont sorti le corps sous mes yeux.

Boatpeople : 110 vies sauvées (résumé en page presse).

Depuis 1998, des écoles de journalisme me sollicitent comme conférencier et formateur. J’interviens auprès de clients divers : Centre de formation professionnelle des journalistes (CFPJ), France Télévisions, agences de communication…

Après quinze ans d’enseignement journalistique, j’élargis ma pédagogie à tous les publics, jusqu’à l’accompagnement d’écriture pour particuliers, même aux enfants. Parce qu’il n’y a pas de raison de réserver ces connaissances à un seul métier, ni une seule catégorie socio-professionnelle. A ce sujet, je suis en recherche d’associations qui disposent de budget pour financer mes ateliers d’écriture ludique pour enfants.

Anecdotes de travail :

« On ne peut pas être bon photographe et bon rédacteur. » Un patron d’agence photo où je bossais gratis, alors étudiant en école de journalisme. Ce margoulin d’une rare vulgarité, avec ce nouvel aveu de bêtise crasse, m’a fait jurer secrètement qu’un jour, je prouverais qu’il a tort et avec lui tous les rabat-joie. Il m’a motivé sans le savoir, le bougre. Je l’en remercie. En 1999, j’ai créé mon site photo, et encore plus tard, 2mots.

« Arrête Martin, t’es pas au Monde ici ! »   Deux secrétaires de rédactions différentes, me reprochant d’écrire « trop bien pour le lectorat ». Nous ne comprenions pas toujours nos logiques réciproques, mais j’aimais bien ces collègues. Et n’ai jamais postulé au Monde.

 « Claude Chirac. Passez-moi mon père ! » Un petit matin à RTL, avant l’interview Michèle Cotta – Jacques Chirac. On a des appels surprenants, en rédaction vers 6h30 du matin… Donc on a prévenu papa Jacques. Sa grande silhouette approche, tout sourire et dans un geste très fluide, il me serre la main chaleureusement en attrapant le combiné.  Il m’a laissé une forte impression de charme naturel, et un parfum d’après-rasage quelques instants sur la main. Beaucoup mieux élevé que sa harpie de fille, qui n’a peut-être pas les moyens de se payer des cours de bienséance.

Après mon scoop de Brahim Bouaram, Michèle Cotta est entrée dans mon bureau, s’est assise près de moi et a demandé : « Alors, vous faites quoi ? » Benoîtement, je lui explique ma mission de jeune journaliste à la rédaction de RTL. Elle sourit et précise : « Ça, je sais bien. Mais dans la vie ? Quel est votre parcours ? » Adorable.

« On va vous donner un petit quelque chose », m’a dit le chef du personnel de RTL où j’étais jeune journaliste. Je venais de détailler à l’antenne (anonymement, comme me l’avait conseillé un collègue), mon scoop sur le meurtre de Brahim Bouaram, Marocain jeté dans la Seine par un manifestant du Front national le 1er mai 1995, entre les deux tours de l’élection présidentielle. Maintenant, il y a une plaque commémorative sur le quai de Seine, à l’endroit où le corps du noyé a été repêché, sous mes yeux, comme je l’ai expliqué sur les ondes. La mairie de Paris dépose une gerbe de fleurs chaque 1er mai, sous la plaque. Mon chef a tenu parole pour le « petit quelque chose » : J’ai reçu 400 francs (60€). Et Philippe Labro avait daigné tourner la tête en passant devant le bureau pour me gratifier d’un regard rapide…

« Attends, je t’ai même pas donné l’adresse ! »  Mon chef de l’époque à la Voix du Nord, me rattrapant dans le couloir. Je partais déjà couvrir un fait divers de meurtre dont l’info venait de tomber sur la fréquence police qu’on scannait en permanence… Avec ma petite voiture de l’époque, j’étais arrivé aux pieds du corps de la victime avant le commissaire, qui m’a regardé d’un air perplexe (depuis il y a prescription) :
« Vous savez que vous n’avez pas le droit d’être ici ?
- Oui je sais, Commissaire. On ne s’est jamais vu, jamais parlé, d’accord ?
- Entendu, mais ne faites pas de photo du corps.
- D’accord. Je fais mon observation terrain, je ne touche à rien et je disparais. Laissez-moi une heure.
- Ok. Bonne journée. »
Dans mon papier d’ambiance terrain, diffusé le lendemain et racontant la vie de ce pauvre homme, figurait le mobile du meurtre : Le clochard avait été mordu par un chien appartenant à des jeunes qui taquinaient souvent ce vieil homme. Hospitalisé, il a porté plainte. Du coup, les propriétaires du chien ont été condamnés à payer les frais d’hospitalisation. Des jeunes en difficulté. Les frais représentaient pour eux une somme lourde. Furieux et saouls, ils sont allé lui casser la figure. Puis reviennent, complètement ivres, armés de barres de fer. Le lendemain, un collègue (qui avait critiqué mon papier d’ambiance), se réjouit : « Il y avait le mobile du meurtre dans ton papier ! » Dans le commissariat voisin, on me faisait un peu la gueule.

« Ca vous dit Nouméa ? » Le responsable d’un groupe de presse me débauchant par téléphone de la Voix du Nord. Moi : « Laissez-moi une heure, je vous rappelle. » Quinze jours après, j’atterrissais et organisais ma vie de l’autre côté de la planète. Et puis les reportages, les enquêtes, le pouvoir que j’embêtais… « Si c’est si facile que ça, il n’a qu’à prendre ma place, votre journaliste ! », s’est plaint le haut-commissaire (préfet local) à mon rédacteur en chef, à propos d’une affaire de boat people. Une broutille, juste 110 êtres humains que l’Etat français (via Jean-Jacques Queyranne, secrétaire d’Etat à l’outre-mer au gouvernement Jospin) voulait envoyer à la mort. Et moi je ne voulais pas, et eux non plus. Je me suis fait quelques adversaires sur le Caillou, un gros dossier au Renseignements généraux, et des amis hors du temps, de toutes ethnies. Je salue amicalement le haut fonctionnaire local né soixante ans trop tard, et lui souhaite de garder bon moral pour sa mutation disciplinaire qui a suivi… Il n’avait pas compris que l’air du temps est à la résistance et à la dignité personnelle face aux ordres infâmes.

« T’es le prof le plus exigeant de l’école ! »  Citation récurrente de mes étudiants, chaque année, sur un ton modulé par leurs notes. Il faut dire que j’avais poussé le jeu, une année, à commencer la première notation en comptant (pour du beurre), de manière méthodique et journalistique : une erreur= un point en moins. Les notes commençaient en négatif, à -20 et la meilleure copie a obtenu 5/20. Ils découvraient la typographie, la syntaxe, l’angle, les pollutions d’écriture… Une manière radicale de leur montrer que, journalistiquement, malgré leurs bac+5 et autres masters glorieux, ils écrivaient sans aucune rigueur.

« Grüss Gott, en plaisantant : Jürgen Biehle, présentateur d’Arte info, que j’aimais taquiner en l’embrassant sur son crâne chauve, lorsqu’il était assis à son ordinateur et que j’animais une formation rue de la Fonderie à Strasbourg… Aucun intérêt littéraire, c’est pour rire. Hallo Jürgen !

« Vous seriez disponible la semaine prochaine pour passer noël au Kosovo ?»   L’Ecole supérieure de journalisme de Lille, pour le compte du ministère des Affaires étrangères. Je me suis régalé durant cette mission (audit des besoins de formation des journalistes albanais et serbes dans cette région). Et j’ai découvert à quel point l’emprise de l’économie grise et noire a recouvert les Balkans, bien avant cette guerre, puis organisant les conflits pour ouvrir de nouveaux marchés. La guerre n’est toujours qu’un commerce, mais diablement lucratif celui-là.

C’est curieux comme la vie répète certaines invitations : après hésitation, j’avais décliné la proposition que me faisait l’armée en 1992, à la fin de mon service, d’encadrer des Casques bleus de l’ONU dans la région, avec un mandat international boiteux. C’était l’époque où les snipers faisaient des cartons sur les civils en toute impunité. J’ai appris plus tard que des collègues de régiment sont tombés. A quoi bon tout ça, me direz-vous ? Si je vous réponds que les armes et la drogue, c’est de l’ordre du 1000% de retour sur investissement, vous comprenez mieux ? Donc j’ai vu un peuple blessé dans sa chair, aux sentiments déchirés et tremblants, des veuves hurler de douleur devant les photos de leurs fils et maris disparus, des regards de haine tapie sous une mince résignation… Et vérifié qu’une fois encore, c’est l’ignorance et la peur qui permettent ces complots.

« Tu as formé combien de journalistes ? »  Je forme chaque année 200 à 300 personnes, dont une bonne moitié de journalistes.

« Merci… »  Des étudiants remettant leur copie, larmes aux yeux, gorge serrée. Je n’oublie pas leur émotion. L’exercice consistait à réaliser et rédiger en cinq heures l’interview d’un clochard, racontant son quotidien. Plusieurs élèves sont revenus bouleversés, remués à vie par cet échange à vif avec des êtres dénués de tout, qui n’ont plus de raison de mentir. Je voulais qu’ils comprennent cette dimension de la vie au-delà des mots. Ce jour-là, j’ai encore plus aimé mon métier de formateur.

Lui ont fait confiance :          (et d’autres sociétés qui s’appuient sur ma discrétion).

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«Un homme simple qui n’a que la vérité à dire est regardé comme le perturbateur du plaisir public. On le fuit, parce qu’il ne plaît point ; on fuit la vérité qu’il annonce, parce qu’elle est amère ; on fuit la sincérité dont il fait profession, parce qu’elle ne porte que des fruits sauvages ; on la redoute, parce qu’elle humilie, parce qu’elle révolte l’orgueil, qui est la plus chère des passions, parce qu’elle est comme un peintre fidèle, qui nous fait nous voir aussi difformes que nous le sommes.»

Montesquieu

Le 13 mai 2012 par Martin | Catégorie : | Aucun commentaire