Cette vidéo illustre le stage Ecrire un journal de bord, rédiger son carnet de voyage
Cela me fut demandé souvent après la vidéo : voici des extraits de textes de mon carnet de voyage en Thaïlande. Bonne lecture ! :)
Martin BOHN

p.46 Je l’ai baptisé merle d’Asie. Avec sa gueule de mainate, il vole un bout d’œuf que je lui tends du bout des doigts. Son chant varié me plaît, harmonieux, parfois drôle. C’est mon ami en Thaïlande. Il est partout. Dans les arbres, sur la route, la plage, devant les maisons, en pleine ville et même en cage dans les magasins. C’est là qu’il porte le mieux son vrai nom : acridotheres tristis, martin triste.

p.48 La montagne tombe dans une baie sublime noyée de brume. La mer s’étale, embrassée par la forêt. Pour arriver là, j’ai suivi une piste défoncée. La petite moto avait parfois du mal à grimper le chemin labouré d’ornières. Mais du sommet, le paysage offre un camaïeu de verts à l’infini.

p.50 Le soleil agonise. Il embrase la mer d’une flaque orange. Son sang brillant inonde le ciel derrière les nuages de plomb. Lente hémorragie solaire dans le miroir liquide. Il s’y noie bientôt.
Le cortège épars des marcheurs rend son hommage du soir au trépas d’Hélios. Ombres grises, marionnettes sans visage reflétant leurs silhouettes tremblantes sur un sable gorgé d’eau. L’air fraîchit. J’ai presque froid.

 

p.52 Lampions du Premier de l’an.
Face à la mer. Baie de Koh Tao calme et limpide. Sur ce ponton surplombant les vagues, je passe des jours entiers, seul et heureux. J’empile deux matelas pour dossier. Sur la table basse, un thé vert, un riz frit aux légumes, un œuf sur le plat. Mon carnet de voyage, mes stylos, mon téléphone et ses photos.
Ici, je nourris mon regard de beauté, j’emplis mon esprit de calme et mon carnet de dessins.

p.68 Le nouvel An sur la plage thaïlandaise de Sairee beach m’a offert des moments d’intense poésie. La foule a inondé le ciel de lampions. Ces grands cylindres de papier se tiennent avec soin, le temps que le combustible s’enflamme à la base et emplisse le ballon d’air chaud. Alors, c’est le moment critique et émouvant : lâcher son ballon de lumière dans la nuit noire. Libéré trop tôt, il chute. S’aplatit sur le sable et brûle. S’abîme en mer et s’éteint. Mais l’immense majorité agit avec prudence et ne lâche qu’à coup sûr, quand le lampion cherche à monter.
J’ai vu un lampion s’élever doucement en prenant le large puis descendre vers les flots. Dans sa pente pour se noyer, les clameurs de dépit et d’encouragement se mélangeaient. Le courage a gagné au dernier moment, la bougie au ras de l’eau. Le lampion est revenu en vol horizontal puis a décidé de monter. Victoire, clameur et applaudissements dans la foule enthousiaste des milliers de fêtards ! Le lampion a rejoint la myriade de lumières en transhumance vers les étoiles. Des cohortes de flammèches orange glissent dans la nuit d’encre et montent vers l’éternité.
Parfois, un lampion vient mourir derrière un arbre et renaît aussitôt. Ce soir, nous avons donné à manger à la Voie lactée. En caressant le ciel de flammes éphémères, la foule a levé dans la nuit des yeux d’enfant, perdu dans un rêve sans lune. Cette nuit du Premier de l’an, le ciel nous offre 365 pages où l’inspiration peut composer au gré de l’imaginaire. Et si nous savons enflammer nos bulles d’air, notre création saura grimper vers les étoiles.

 

Le 11 juillet 2013 par Martin | Catégorie : 03 ECRITURE AFFINEE, 05 FORMATION, Journal de bord, carnet de voyage, littéraire, poésie, sensible, vidéo | Aucun commentaire

Allez, juste pour plaisanter ensemble (jusqu’au jour où c’est moi qui me ferai attraper)…

Pour cette dépêche AP, on se limitera à chercher la plus grosse erreur, patente, qui vous rapportera deux bulles. Les autres fautes passent à la trappe. (Lire la suite…)

Le 27 janvier 2013 par marieM | Catégorie : jeu | Aucun commentaire

Par M.B.

J’ai mis quelques années à bâtir cet  atelier d’écriture de chansons. Ayant goûté moi-même au genre, j’ai pu en saisir la richesse et la complexité. Et surtout l’envie d’améliorer la qualité des textes que j’entends en musique… Souvent, il me déçoivent par leurs lacunes. Je songe alors : « C’est dommage, une petite réécriture et le texte devenait magnifique ! » La porte est maintenant ouverte, pour transmettre mes outils et créer des textes de chansons encore plus beaux.
(Lire la suite…)

Le 6 août 2010 par | Catégorie : formation, littéraire, poésie, sensible | 1 Commentaire

Cette magnifique campagne de prévention routière britannique illustre la puissance de la vidéo. Dans la gestion des émotions, le jeu des acteurs, et toute la dimension du discours en suspens. Elle illustre la complémentarité intime de l’écriture textuelle, pour le référencement notamment, et de la vidéo sur internet. Mais surtout, elle touche par la simplicité du message où priment les deux dimensions qui manquent dans les communications professionnelles : le corps et le cœur. Quel texte vous provoque autant d’émotion en moins de deux minutes ?

Cette campagne « embrassez la vie, mettez votre ceinture de sécurité » connaît un joli succès internet depuis sa diffusion le 29 janvier 2010.

Le 29 avril 2010 par | Catégorie : écrire sur internet, écrit web, vidéo | Aucun commentaire

Il devient obligatoire, pour les sites web d’administrations publiques, de se rendre accessibles aux handicapés. La loi «Handicap» du 11/02/2005 vient de recevoir son décret d’application. Les sites doivent s’adapter aux non -voyants, malvoyants et malentendants. Les modalités de contrôle et de conformité sont très bien expliquées sur le site pétitionnaire www.web-pour-tous.org :

  • Lorsqu’un site respecte les règles d’accessibilité, Michel, handicapé moteur, peut naviguer sur les pages sans jamais utiliser de souris, avec le clavier traditionnel ou un dispositif adapté.
  • Lorsqu’un site respecte les règles d’accessibilité, Julien, aveugle, peut écouter le contenu de chaque page lue par son navigateur vocal, et naviguer à l’aide des indications données par celui-ci.
  • Lorsqu’un site respecte les règles d’accessibilité, Papi et Mamie ne sont pas gênés par la taille des textes, ils peuvent utiliser la fonction de « grossissement des textes » de leur navigateur.

C’est beaucoup plus agréable à lire que la loi. Voyez vous-mêmes, si vous avez peine à trouver le sommeil:

Art.1 «Un référentiel d’accessibilité fixe, pour l’Etat, les collectivités territoriales et les établissements publics qui en dépendent, les règles techniques, sémantiques, organisationnelles et d’ergonomie que doivent respecter leurs services de communication publique en ligne afin d’assurer aux personnes handicapées la réception et la compréhension de tout type d’information diffusée sous forme numérique, de leur permettre d’utiliser ces services et, le cas échéant, d’interagir avec ces derniers.
Ce référentiel s’applique aux différents types de handicap et aux différentes technologies mises en œuvre par les services de communication publique en ligne, en particulier l’internet, le téléphone et la télévision.»

art.3 «Les services de communication publique en ligne des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être mis en conformité avec le référentiel d’accessibilité mentionné à l’article 1er du présent décret dans un délai de trois ans à compter de la publication du présent décret. Ce délai est réduit à deux ans pour les services de communication publique en ligne de l’Etat et des établissements publics qui en dépendent.»

Je crois que vous venez de survoler le paragraphe ci-dessus. Si vous souffrez du handicap de la fainéantise, un site est faire pour ça.

Et enfin, si vous voulez tester votre propre regard sur les handicaps, lisez cet excellent papier avec des photos puissantes de Michel Bony.

Une campagne non diffusée, sur le handicap

Une campagne non diffusée, sur le handicap

Le 27 mai 2009 par Martin | Catégorie : 02 ECRITURE PRO, 05 FORMATION, 06 INFO, écrire sur internet, écrit web, médias | Aucun commentaire

Par Martin BOHN

La phrase est assassine. «Messieurs, écrivez emmerdant!» ordonnait le fondateur du quotidien Le Monde, Hubert Beuve-Méry, à ses journalistes. Il n’avait rien inventé.

Cet affront au plaisir de lire remonte au XIXe siècle. Ainsi, Adrien Hébrard donne pour consigne à ses rédacteurs du Temps : «Surtout, faites chiant». Heureusement, le métier évolue. Au début du XXe siècle, le journalisme français se libère, doucement, de cette injonction. Le style s’inspire désormais de Léon Bailly qui répète aux reporters de L’Intransigeant : « Étonnez le lecteur ! » Et l’Illustration découvre la couleur. Tout le métier évolue, en matière de style, phrases plus courtes, pensée moins universitaire et plus proche du lectorat. La presse devient plus réaliste et lisible. Sauf Le Monde, héritier du Temps.

Signe d’une époque où, pour se vendre, le journalisme sérieux doit porter cravate, verbe pompeux et récit roboratif. Et puis les lecteurs font valoir leurs droits. Ils boudent la presse du costume trois pièces. Celle qui, gonflée de son importance d’être feuilletée dans les ministères et universités, flatte l’ego, affiche une appartenance sociale, évoque une caution morale, illusoire estime. Plume de chef indien. Toque de cuisinier. Cocarde au pare-brise de parlementaire. Poitrine gonflée du gorille.

Adrien Hébrard, patron du Temps

Le lecteur de la presse emmerdante en joue. Il laisse négligemment traîner l’exemplaire du Monde sur la table. La têtière doit dépasser de l’attaché-case dans le train. La lecture de tel article est rappelée l’air de rien au détour d’une conversation: «Je lisais ce matin dans un article du Monde…» La presse chiante ne se jette pas trop vite. Elle doit être lue un peu, avant d’être jetée, le temps de se plonger dans l’article de ce nom illustre, tant il est vrai qu’elle concentre certains talents journalistiques. N’est-elle pas une référence? Cette aristocratie d’écriture ne résiste plus à la réalité économique, ni sociale, ni même journalistique. Car le théâtre politico-économique mondial continue de faire monter la tension, abat son dernier jeu, à la limite de faire monter sur scène les maîtres de l’ombre avant le rideau final. Mais l’heure n’a pas sonné. L’écriture spontanée ne peut pas encore prendre le pouvoir dans les médias officiels.
Ainsi, les journalistes du Monde, grands analystes de l’économie pourtant, n’auraient pas le droit d’expliquer les manipulations bancaires préalables au krach boursier. Qui oserait publier que le dollar est une monnaie privée depuis 1913? Qui oserait relayer les informations sérieuses et néanmoins populaires, qui dénoncent les innombrables complots politiques, économiques, financiers… dont nous voyons mondialement les traces affreuses jusque dans les vies de gens honnêtes. Le Monde et Libération sont devenus, par l’actionnariat, journaux de banques qui tuent l’économie et asservissent l’humain tout autour du monde, fabricant un système d’esclavage mondial avec 8 millions de morts de faim chaque année. Le Figaro appartient à un marchand d’armes. L’essentiel des médias français appartiennent à Dassault ou Lagardère. Marchands de mort. Au fur et à mesure que les populations prennent conscience des magouilles, malgré les efforts des puissants, cette presse emmerdante s’avère d’un ennui mortel. Elle en crève.

Le 28 mars 2009 par Martin | Catégorie : décryptage, journalisme, médias | 4 Commentaires

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Le 14 mars 2009 par Martin | Catégorie : 05 FORMATION, écrire sur internet | 1 Commentaire