Pour le plaisir de sa poésie, Voyelles d’Arthur Rimbaud

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d’ombre ; E, candeur des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silence traversés des Mondes et des Anges :
O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

Arthur Rimbaud

Le 8 mars 2010 par Martin | Catégorie : 03 ECRITURE AFFINEE, poésie, sensible | Aucun commentaire

La danseuse, poésie de Pierre Louÿs

De Pierre Louÿs (1870 – 1925)

La danseuse

Elle tourne, elle est nue, elle est grave ; ses flancs
Ondulent d’ombre bleue et de sueur farouche.
Dans les cheveux mouillés s’ouvre rouge la bouche
Et le regard se meurt entre les cils tremblants.
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Le 22 octobre 2007 par Martin | Catégorie : poésie, sensible | Aucun commentaire