Ecriture professionnelle : comment les fautes de français peuvent abîmer la luxueuse image de marque d’une entreprise

Quand un texte professionnel comporte des fautes de français, certains lecteurs le remarquent. Selon le type de faute, elle sera plus ou moins visible. Sur l’exemple du beau site de motos italiennes Ducati, c’est flagrant et franchement regrettable. D’autant que la marque fait dans le haut de gamme sportif, la moto de passionné, plutôt luxueuse.

Mais là, Ducati fait très fort sur son site. « ADJOINTER UNE MOTOS » (sic), propose le comparateur de modèles, tout en spécifiant ensuite un « chassis » en rouge, sans chapeau chinois. Le soleil a tapé trop fort à Bologne.
Le problème n’est pas une étourderie de webmestre ou de relecture dans l’agence web. C’est le niveau général d’écriture du site, indigne d’une marque haut de gamme par la qualité et le prix de ses produits. Pour les néophytes, Ducati est à la moto ce qu’est Ferrari à l’automobile.

Je n’ai ni relu ni corrigé le site, mais ce type de lourdeurs me saute aux yeux, déformation professionnelle. Surtout quand elles se répètent. Ainsi, dans la même page :

Trois fautes sérieuses en quelques lignes...

Voilà donc un contre-exemple de l’écriture d’entreprise. Un site professionnel très beau mais truffé de coquilles (« ECHAPPNEMENT »), fautes de relecture, d’orthographe (« inoxidable ») ou de logique (« boîte de vitesse ») : s’il n’y avait qu’une vitesse, nul besoin de boîte. En tout cas, leur français donne des ailes à l’aluminium.

Plus largement, le message induit par l’entreprise, contre son gré, est négatif. Car l’orthographe en soi n’est qu’un prétexte,  héritage de l’histoire ayant figé l’usage, au profit notamment d’une élite. Ce qui compte pour l’exemple ici-présent, c’est l’image de marque dilettante transmise au consommateur. Une telle page internet signifie : « Nous présentons nos produits luxueux de manière complètement insouciante. Nous n’allons pas vérifier nos pages web. Ce qui compte, c’est la beauté générale, mais la finition laisse à désirer. »

Voici un exemple de ce que peut déduire l’internaute sur le site Ducati. C’est d’autant plus dommage que je suis un potentiel acquéreur de la machine ici présentée, qui semble répondre à mes attentes. Mais je n’aimerais pas que le suivi mécanique de la machine soit réalisé dans le même esprit d’économie que le site. Surtout dans une courbe, à haute vitesse… Ça, dans un texte, ça s’appelle la chute.

Le 15 août 2010 par Martin | Catégorie : 02 ECRITURE PRO, analyse web, écrire sur internet, écrit web, médias, réécrire | Aucun commentaire

Laisser un commentaire