Par Martin BOHN
Ce texte illustre le stage :
Apprendre à écrire un journal de bord, rédiger son carnet de voyage.
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Les grains de sable volent discrètement dans le vent du désert de Jordanie. Tout autour, le Wadi Rum s’étale sous la lumière du soleil levant. Grandes plaines de sable jaune entre les montagnes de pierre rose. Un corbeau survole la roche. Son croassement résonne longtemps dans les murailles.

Le campement s’éveille. Des bédouins préparent le thé. Ici, j’ai passé des heures à contempler les étoiles dans une nuit d’encre. Puis la lune s’est levée. Éblouissante dans un ciel pur. Sur ces vastes plaines, elle a jeté sa lumière bleutée. Sereine, sur la majesté des colosses de pierre immobiles pour l’éternité. Ces montagnes en couches minérales qui furent le fond des mers, il y a des millions d’années. Maintenant, la mer est de sable avec, pour vaisseaux, les dromadaires.

Une chauve-souris volette, une hyène hurle et son écho se perd sous les étoiles. Comme mes pas, couverts par le vent froid. Ici, tout passe. Seuls témoins aveugles, ces montagnes, sculptées par les vagues de la préhistoire, que le vent change en grains. Ici, la vie est minuscule. Mon corps, un grain de sable. Pourtant, je n’ai jamais si bien touché l’univers.

Ecrire un journal de bord, rédiger son carnet de voyage.

Le 29 mars 2017 par marieM | Catégorie : ambiance, Journal de bord, carnet de voyage, littéraire, sensible | 1 Commentaire

1 Commentaire


bounhol
le 06/12/2010 à 17:16 

Oui (r)éveilleur de sens le Wadi Rum !
Je frissonne encore de mon excursion dans cet endroit extravagant.Comment dans d’autres déserts, on peut y sentir le sable sous ses pieds, y voir briller les étoiles, y écouter le vent. J’entends toujours son écho. Mais le Wadi Rum a ceci en plus : une gamme de couleurs extraordinaire et des reliefs tout en contraste. On ne se lasse pas de ses vastes vallées sablonneuses bordées de montagnes, variant les premières comme les secondes, du jaune clair au rouge, en passant par l’ocre, le rose, et allant parfois jusqu’au noir pour la roche. Le tout variant, de surcroît, au gré des heures du jour et de la météo.
Au Wadi Rum, il flotte une ambiance d’éternité. Tout aussi fascinants et fantastiques : ses habitants. Ces bédouins, et leur hospitalité tout aussi intemporelle. Sous leurs tentes, le partage y règne, le feu crépite, réchauffe les corps et les cœurs.
Hélas, Lawrence d’Arabie leur vole trop souvent la vedette. On passe trop souvent sur le fait que les lieux sont le royaume des nomades depuis la nuit des temps. Ils y ont d’ailleurs laissé leurs empreintes : des inscriptions rupestres (celles des Nabatéens) sur des parois rocheuses. Grandioses, à la hauteur de la nature environnante. Un ensemble mythique et millénaire.


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