Par Martin BOHN
Quinze ans pour oser publier ce texte. Mon éthique est en ligne. En 2mots : plus humain.
C’est fait. J’ai osé publier l’éthique de mon travail pour la première fois depuis 15 ans. Curieusement, cette dimension supérieure de mes formations m’inspirait la pudeur. Je n’osais pas aborder spontanément ces principes qui structurent ma carrière. Pas à l’écrit. Pas sur internet. Osons le mot, j’avais peur.
Et le déclic s’est produit soudain. Comme un fruit mûr prêt à tomber, j’ai rédigé d’une traite, relu, corrigé, relu mille fois, fait relire. Bref, en 24 heures, la page était en ligne.
Pourquoi je n’osais pas en parler plus tôt ? Quelles craintes retenaient ma plume, moi qui enseigne justement à la libérer ? Je craignais d’être jugé sur l’intime, domaine éminemment sensible. La crainte de voir sali le domaine le plus pur de mon travail, celui des valeurs. Champ de neige immaculé.
Publier cette éthique a une fonction : personnaliser mon site, humaniser la relation avec le stagiaire et finalement, pratiquer ce que je conseille en stage. Nous avons besoin de réchauffer ce média froid, le web n’est pas assez humain.
Alors je me suis mis à nu dans cette approche. Au moment de cliquer sur le bouton « publier », mon cœur tapait. J’ai ouvert les rideaux sur mon espace intérieur. Puis les commentaires des proches m’ont encouragé. Allez savoir, c’est peut-être le premier texte d’une longue liste.
Par Martin BOHN
Ce courrier du condamné à mort Troy Davis m’a ému par sa profondeur. Il illustre ce que j’enseigne à bien des publics : La puissance d’un texte vient de la fidélité à votre parole intérieure. Celle de Troy Davis est puissante. Elle mérite d’être diffusée.
Ce noir américain a rédigé cette lettre en 2008, texte publié dix jours avant d’être tué sur décision judiciaire, jeudi 22 septembre à 5h08 (heure française). La « justice » états-unienne l’accusait d’avoir tué un policier blanc, crime qu’il a toujours nié. Ses derniers mots ont été pour la famille de ce policier, Marc MacPhail : « Je n’ai pas personnellement tué votre fils, votre père et votre frère. Je suis innocent. »
Les nombreuses péripéties judiciaires faisaient douter de sa culpabilité : aucune arme, aucune trace, sept témoins qui se sont rétractés en expliquant les pressions de la police pour les faire accuser Troy.
Troy Davis a appelé à poursuivre l’enquête pour qu’éclate un jour la vérité. Son avocat a dénoncé un « lynchage légalisé ».
Voici ma traduction du courrier de Troy Davis :
« Je veux remercier chacun de vous pour vos efforts à servir les droits de l’homme et la bonté humaine. Ces dernières années, j’ai vécu tant d’émotion, de joie, de tristesse sans jamais perdre espoir. C’est grâce à vous tous que je vis aujourd’hui. Je regarde ma sœur Martina, et je m’émerveille de son amour pour moi et bien sûr je m’inquiète pour elle et sa santé. Mais elle est mon aînée et m’assure qu’elle n’abandonnera jamais son combat pour me sauver la vie et prouver mon innocence dans ce crime affreux.
Je sens votre chaleur
Quand je lis vos mails du monde entier, d’endroits que je n’avais jamais imaginé connaître jusqu’alors, de personnes aux langues, cultures et religions dont je peux seulement espérer voir la main tendue, je suis submergé d’une émotion qui m’emplit le cœur d’une joie débordante, à couper le souffle. Je ne trouve pas les mots pour dire la force que je reçois de vous tous. Elle solidifie ma foi et me montre sans cesse qu’il ne s’agit pas seulement d’une condamnation à mort, ni du cas Troy Davis : il s’agit d’une affaire de justice et d’esprit humain afin que triomphe la vraie Justice. Je ne peux pas répondre à toutes vos lettres, mais je les lis toutes. Je ne peux tous vous voir mais je peux imaginer vos visages. Je ne peux vous entendre parler mais vos lettres m’emportent aux confins du monde. Je ne peux pas vous toucher physiquement mais je sens votre chaleur chaque jour que je vis.
Je suis libre !
Alors merci, et rappelez-vous que je suis dans un lieu où l’exécution peut seulement détruire votre forme physique. Mais grâce à ma foi en Dieu, à ma famille et à vous tous, j’ai été libéré spirituellement. Peu importe ce qu’il advient dans les jours ou semaines prochaines. Ce mouvement pour abolir la peine de mort, obtenir une vraie justice, dénoncer ce système qui ne sait pas protéger l’innocent, doit être accéléré. Il y a tellement de Troy Davis ! Ce combat pour abolir la peine de mort ne sera pas gagné ou perdu par moi, mais par notre force à nous mobiliser et sauver chaque innocent en captivité autour du globe. Nous devons démanteler ce système injuste ville par ville, État par État, pays par pays. Je suis impatient de me tenir devant vous, peu importe que ce soit physiquement ou spirituellement, car un jour j’annoncerai : « Je suis Troy Davis et je suis libre ! »
Ne cessez jamais de combattre pour la justice et nous gagnerons ! »
On constate l’amour désintéressé dont font preuve les politiques en offrant un vaccin aux sans-abri et aux personnes âgées. C’en est tellement émouvant d’intelligence et de générosité… On peut donc supposer que Samson a percé en ce dessin l’immense altruisme du monde politique, qui déborde l’humain pour s’étendre jusqu’aux plus humbles bêtes.
La plus grande escroquerie de toute l’histoire de l’humanité. Pas un mot dans les médias officiels. Une hiérarchie de l’information coupée de toute règle journalistique et humaine.
Par M.B.
Une des règles de base du journalisme réside en la hiérarchie de l’information: diffuser en premier le plus important, pour son public à une date donnée. Vous allez voir que les médias officiels appliquent d’autres règles quand il s’agit du plus grand casse de l’histoire humaine…
Si le public, c’est vous, demandez-vous ce qui est le plus important dans votre vie. Et ensuite, si la presse que vous consommez correspond à votre hiérarchie intérieure. Pour ma part, le plus important dans la vie, c’est l’amour. En conséquence de quoi, je ne suis pas un lecteur assidu du Monde, qui fait assez rarement sa une sur l’amour.
Adoptons maintenant un autre ordre des choses, une hiérarchie matérialiste. Priorité à la politique et l’argent. Le Monde s’y intéresse bien davantage, ainsi qu’aux questions sociales, essentiellement ramenées à l’argent. Par exemple, aujourd’hui:
Une étude décrypte le « déclassement social » en France. Ce rapport a été remis jeudi 9 juillet 2009 à la secrétaire d’Etat chargée de la prospective et du développement de l’économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet…
Comme ce genre d’écriture universitaire, sans aucun angle journalistique ni talent d’écriture, accélère mon transit intestinal, je me livre à quelques pérégrinations internet au gré de mes centres d’intérêt.
Et finis par dénicher une vidéo américaine présentant l’information suivante:
La vidéo du 5 mai 2009 oppose le congressman Alain Grayson à l’Inspectrice générale de la FED, Elisabeth Coleman.
Monsieur demande à Madame où sont passés les 9700 milliards de dollars et qui a bénéficié de cet argent. Madame ne répond pas, bafouille des idioties brumeuses, très gênée, presque terrifiée, parfois aidée par une assistante penchée à son oreille.
De son côté, la presse nationale française ne bafouille pas, elle reste muette. Zéro question. Une telle somme américaine, Le Monde s’en fiche: $9.700.000.000.000 évaporés sous nos yeux ébahis…
Complot financier mondial
Maintenant que vous avez lu ces lignes et regardé la vidéo, oserez-vous un jour encore dans votre vie utiliser sans rougir de honte, l’expression « théorie du complot » ? Cette escroquerie délirante ne semble pas mériter une brève dans un média national. N’aurait-elle aucun lien avec tout ce qui se produit sur Terre depuis dix ans? Je crois que j’avais raison de me méfier de la famille Bush, et de sa version de la démolition des trois tours du Word trade center, et de ses financiers, et de ses copains assassins. Et de la presse qu’ils contrôlent et ne s’indigne pas des génocides qu’ils perpétuent pour le pétrole et le pouvoir (Irak, 700.000 morts, Afghanistan, je n’ai pas de chiffre). On évite d’y écrire avec un angle journalistique, on oublie la prospective socio-économique intelligente, on y interdit l’enquête indépendante.

J’explique depuis des années la mutation économique qui s’annonce, et les discours tenus par certains pouvoirs. Ca n’est pas une crise, c’est un mouvement financier mondial prévu, orchestré en secret par des puissants de l’ombre. Leur but et leur stratégie concernent la population mondiale mais restent cachés. Sauf aux personnes qui ont suffisamment étudié les symptômes de ces malades du pouvoir, plus puissants qu’aucun empire de l’histoire humaine. Pensez à ce pactole, subtilisé par ceux qui dirigent l’instauration d’un nouvel ordre mondial.
Déontologie
Chaque journaliste qui entend cette histoire et ne se renseigne pas, démissionne de sa mission déontologique. Chaque journaliste qui obtient des bribes d’informations et ne les diffuse pas, choisit d’obéir à la pédagogie de la peur installée dans notre société dès l’école. Il soumet son esprit à son estomac, vend son silence contre sa pitance. Cela me rappelle les tristes heures de la collaboration en France. Les collabos ont fait des petits.
Allez savoir pourquoi, j’ai l’intuition que ce petit homo sapiens si sympathique et expert (par atavisme) en détournement d’argent sait où est passé le magot géant:
Compte-rendu de l’entretien entre Alain Grayson à l’Inspectrice générale de la FED, Elisabeth Coleman (repris depuis ce site). (Lire la suite…)
Parfois, la philosophie s’invite sans crier gare, en plein quotidien. Et, donc, même dans ce blog. La preuve: Dans un des lieux les plus sacrés de notre système social, le tribunal, se prononce quotidiennement un mensonge ridicule. Chaque témoin appelé à la barre est prié de jurer qu’il va «dire la vérité, rien que la vérité, toute la vérité». Sans rire.

La Vérité sortant du puits. Peinture d'Edouard Debat-Ponsan, musée de l'Hôtel de ville d'Amboise ©Ville d’Amboise
«Dire la vérité…» Cette formule est un mensonge. J’ai tendance à répondre comme Ponce Pilate : Qu’est-ce que la vérité? Notez que le livre (la Bible) qui relate cet échange avec Yeshua (en français, Jésus) ne donne pas la réponse de ce juif traduit en justice pour blasphème. En même temps, on n’allait pas demander un ouvrage de philo à l’auteur de cette compil’ biblique, l’empereur Constantin le Grand, au premier concile de Nicée, qui a fait des choses pas jolies jolies avec les dogmes et les enseignements. Grand par ses magouilles politiques, le Constantin, c’est sûr. Mais philosophe, on peut en douter. Nos politiques actuels n’avaient rien à envier à leurs modèles antiques. C’est ballot, la réponse du Nazaréen m’aurait intéressé. En philo, on entend souvent cette définition: La vérité est une relation fidèle de la réalité. Vous comprenez que le petit héraut du journalisme se balade tout près…
Bref, revenons à notre formule judiciaire. «Dire toute la vérité…» Je vous vois d’ici glousser en vous trémoussant devant le ridicule de cette prétention. Qui saurait dire toute la vérité? Allons, quelle que soit l’affaire, chacun l’observe de son point de vue. J’aime schématiser la vérité en forme de sphère, dont chacun connaîtrait un point. Un peu comme notre regard sur Terre avant de voyager.
Il me semble que la formule judiciaire serait plus juste, et moins ridicule, sous la forme suivante:
Je jure de dire honnêtement et sans travestir mon souvenir toute information dont j’ai connaissance sur l’affaire. Ca sera déjà pas mal, et je ne vais pas me la péter en prétendant connaître la Vérité.
Et c’est là que se pose la question suivante (les questions avec moi, ça n’arrête pas, vous êtes prévenus): c’est quoi, une information?
Là, on tombe dans les questions de journalisme essentiel, pile poil ce que j’enseigne. Le juridisme a beau être un art et un jargon professionnel, il gagne parfois à écouter les humbles petits métiers qui le fréquentent et aiment également la rigueur du mot juste.
Par Martin BOHN
La phrase est assassine. «Messieurs, écrivez emmerdant!» ordonnait le fondateur du quotidien Le Monde, Hubert Beuve-Méry, à ses journalistes. Il n’avait rien inventé.
Cet affront au plaisir de lire remonte au XIXe siècle. Ainsi, Adrien Hébrard donne pour consigne à ses rédacteurs du Temps: «Surtout, faites emmerdant». Heureusement, le métier évolue. Au début du XXe siècle, le journalisme français se libère, doucement, de cette injonction. Le style s’inspire désormais de Léon Bailly qui répète aux reporters de L’Intransigeant : « Étonnez le lecteur ! » Et l’Illustration découvre la couleur. Tout le métier évolue, en matière de style, phrases plus courtes, pensée moins universitaire et plus proche du lectorat. La presse devient plus réaliste et lisible. Sauf Le Monde.
Signe d’une époque où, pour se vendre, le journalisme sérieux doit porter cravate, verbe pompeux et récit roboratif. Et puis les lecteurs font valoir leurs droits. Ils boudent la presse du costume trois pièces. Celle qui, gonflée de son importance d’être feuilletée dans les ministères et universités, flatte l’ego, affiche une appartenance sociale, évoque une caution morale, illusoire estime. Plume de chef indien. Toque de cuisinier. Cocarde au pare-brise de parlementaire. Poitrine gonflée du gorille.
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Le lecteur de la presse emmerdante en joue. Il laisse négligemment traîner l’exemplaire du Monde sur la table. La têtière doit dépasser de l’attaché-case dans le train. La lecture de tel article est rappelée l’air de rien au détour d’une conversation: «Je lisais ce matin dans un article du Monde…» La presse chiante ne se jette pas trop vite. Elle doit être lue un peu, avant d’être jetée, le temps de se plonger dans l’article de ce nom illustre, tant il est vrai qu’elle concentre certains talents journalistiques. N’est-elle pas une référence? Cette aristocratie d’écriture ne résiste plus à la réalité économique, ni sociale, ni même journalistique. Car le théâtre politico-économique mondial continue de faire monter la tension, abat son dernier jeu, à la limite de faire monter sur scène les maîtres de l’ombre avant le rideau final. Mais l’heure n’a pas sonné. L’écriture spontanée ne peut pas encore prendre le pouvoir dans les médias officiels.
Ainsi, les journalistes du Monde, grands analystes de l’économie pourtant, n’auraient pas le droit d’expliquer les manipulations bancaires préalables au krach boursier. Qui oserait publier que le dollar est une monnaie privée depuis 1913? Qui oserait relayer les informations sérieuses et néanmoins populaires, qui dénoncent les innombrables complots politiques, économiques, financiers… dont nous voyons mondialement les traces affreuses jusque dans les vies de gens honnêtes. Le Monde et Libération sont devenus, par l’actionnariat, journaux de banques qui tuent l’économie et asservissent l’humain tout autour du monde, fabricant un système d’esclavage mondial avec 8 millions de morts de faim chaque année. Le Figaro appartient à un marchand d’armes. L’essentiel des médias français appartiennent à Dassault ou Lagaradère. Marchands de mort. Au fur et à mesure que les populations prennent conscience des magouilles, malgré les efforts des puissants, cette presse emmerdante s’avère d’un ennui mortel. Elle en crève.
Par M.B.
Technique de la répétition. Marteler les esprits. Susciter un message induit.
« Mesdames et messieurs, pour votre sécurité, veillez à vos effets personnels. Des pickpockets sont susceptibles d’agir dans cette station. »
(Lire la suite…)