Elle tape. Rythme lent, deux gouttes irrégulières par seconde. Ou trois. L’écrasement liquide sur les lamelles métalliques des fenêtres, à la cadence d’un métronome cassé. Il pleut sur Lyon. Le souffle lointain des voitures sur la route humide donne un air marin à la ville. Avec lui, l’humidité grise entre par les fenêtres ouvertes. Il pleut à peine, mais cette fraîcheur m’aère la tête. Les gouttes accrochées à la rambarde du balcon brillent de lumière concentrée devant un immeuble gris du quartier Confluences. La lumière cachée du soleil s’étrangle dans une goutte qui attend de tomber. Le souffle puissant d’un bus balaie la chaussée mouillée. Quelques fragrances de feuilles. Au sol, tout luit sous le ciel de pluie. Mais dans la salle, les yeux brillent. Nous ouvrons les vannes à un flux d’écriture délicieuse : décrire pour séduire.
Martin BOHN

Cet exercice d’écriture en quinze minutes ouvre mon stage Décrire pour séduire.

Le 16 mai 2017 par Martin | Catégorie : 02 ECRITURE PRO, ambiance, Journal de bord, carnet de voyage, journalisme, littéraire | Aucun commentaire

Par Martin BOHN.
Ce texte illustre le stage :
Apprendre à écrire un journal de bord, rédiger son carnet de voyage.

Je marche en montagne, sur le sentier surplombant un ruisseau de montagne. Ce long cours d’eau s’engouffre dans les parois rocheuses, enserré par les falaises de granit qui le compriment. Elles s’écartent soudain pour former un lac vert.

Les arbres escaladent les pentes, forêt éparse. Je prends le chemin à vélo avant d’emprunter un sentier minuscule, à peine carrossable, jusqu’au point où le sentier s’enfuit dans les herbes et les feuilles en pente raide.
(Lire la suite…)

Le 8 mai 2017 par Martin | Catégorie : 03 ECRITURE AFFINEE, 08 Martin BOHN, ambiance, écrire sur internet, Journal de bord, carnet de voyage, sensible | 3 Commentaires

Exercice d’écriture / 2e papier d’ambiance de la journée : ce que je ressens ici et maintenant. Vous avez 30 mn.
Mes stagiaires se sont éparpillés au bord de l’Ardèche. Après, on va manger avec nos textes sous le bras. Je joue le jeu avec eux.


Je pensais venir pour la vue sublime au bord de la rivière Ardèche. Mais c’est le son qui l’emporte.
Pourtant, les falaises sont découpées par un doigt de sculpteur divin. Il a tracé en zigzag ce petit chemin d’eau vert clair dans la roche. Les gorges portent en leur lit une eau calme, fripée par la brise de printemps. Mais aussi une route qui serpente en surplomb. Des canoës de touristes voyagent à la pagaie. Et ces oiseaux, innombrables, qui chantent, sifflent, croassent, craquètent, crient et ricanent. Le son rebondit sur l’eau, frappe la falaise, résonne dans l’arrondi de la montagne et tout revient amplifié. Amphithéâtre naturel où la symphonie forme une partition mouvante au rythme instable, sur fond de souffle routier. Comme un poumon qui inspire, se tait, reprend plus fort sur un camion, s’étire par une voiture et s’éteint. Des passereaux pépient amoureusement, tirés par un désir printanier. Le croassement d’une corneille les couvre en planant dans le ciel bleu. Une sittelle répond avec son tilitut, tilitut, tilitouit. Voiture, rapide, souffle d’une vague qui chuite en mourant sur le sable. Le sifflet élevé des martinets. D’autres passereaux avec un grésillement rapide d’huile de friture. Plaf, un poisson saute à la surface. Une famille de corbeaux freux s’appellent, vieux raclement de gorge dans les hauteurs.
Des voix glissent : dix cyclistes fluos et casqués bavardent en filant à la vitesse des voitures.
Un autre clapot de poisson ? Non, c’est le frappement de rame sur l’eau par des touristes malhabiles en canoë : la pagaie résonne contre la coque, percussion de bidon plastique.
Ici, tous les échos s’épousent dans une même chanson. Harmonie.
Martin BOHN

Le 20 avril 2017 par Martin | Catégorie : 02 ECRITURE PRO, 08 Martin BOHN, ambiance, Journal de bord, carnet de voyage, littéraire, sensible | Aucun commentaire

Par Martin BOHN
Ce texte illustre le stage :
Apprendre à écrire un journal de bord, rédiger son carnet de voyage.
Stages liés :
Blocage de l’écrivain, angoisse de la page blanche : Racontez votre juge intérieur et Ecrire un journal de bord, rédiger son carnet de voyage

Les grains de sable volent discrètement dans le vent du désert de Jordanie. Tout autour, le Wadi Rum s’étale sous la lumière du soleil levant. Grandes plaines de sable jaune entre les montagnes de pierre rose. Un corbeau survole la roche. Son croassement résonne longtemps dans les murailles.

Le campement s’éveille. Des bédouins préparent le thé. Ici, j’ai passé des heures à contempler les étoiles dans une nuit d’encre. Puis la lune s’est levée. Éblouissante dans un ciel pur. Sur ces vastes plaines, elle a jeté sa lumière bleutée. Sereine, sur la majesté des colosses de pierre immobiles pour l’éternité. Ces montagnes en couches minérales qui furent le fond des mers, il y a des millions d’années. Maintenant, la mer est de sable avec, pour vaisseaux, les dromadaires.

Une chauve-souris volette, une hyène hurle et son écho se perd sous les étoiles. Comme mes pas, couverts par le vent froid. Ici, tout passe. Seuls témoins aveugles, ces montagnes, sculptées par les vagues de la préhistoire, que le vent change en grains. Ici, la vie est minuscule. Mon corps, un grain de sable. Pourtant, je n’ai jamais si bien touché l’univers.

Ecrire un journal de bord, rédiger son carnet de voyage.

Le 29 mars 2017 par marieM | Catégorie : ambiance, Journal de bord, carnet de voyage, littéraire, sensible | 1 Commentaire

Ce reportage à bord d’un bateau de boat people a bouleversé ma vie, en 1997. Regards suppliants. Ma carrière de journaliste a basculé en Nouvelle-Calédonie. Mes reportages censurés, j’ai été appelé à devenir formateur.

[Note pédagogique - Ce texte est issu de l’exercice d’écriture créé pour mes stagiaires : Raconte-moi un moment fort de ta vie. Objectif : affûter l'art de décrire précisément les champs émotionnel et sensoriel. Techniquement, il est préférable de s’entraîner au départ avec un souvenir fort. Sa puissance aura marqué suffisamment les mémoires cellulaire et émotionnelle. Le récit en est facilité. Avec l’entraînement, les rédacteurs confirmés pourront rédiger des stimuli plus subtils, légers, des émotions fines. Ce jour-là, pour accompagner mon équipe de journalistes de télévision, je participe au jeu.]

Les boat-people chinois me tendent le bras pour m’aider à me hisser à bord du bateau. Je franchis le parapet de ce vieux chalutier en bois et contemple ces réfugiés. Une quarantaine d’hommes, femmes et enfants arrivés de Chine. Vêtus de misère, des regards fiers, mais épuisés. Visages maigres, sourires timides. Pleins d’espoir et de douleur discrète après trois mois de mer en furie pour arriver sur le Territoire calédonien. Une pudeur immense et digne. Ils demandent asile. Tous se sont tous levés, hommes, femmes et enfants, quand nous avons posé le pied sur le pont. Tous, sauf une. Une femme assise sous le franc-bord avant. Elle me regarde sans sourire. Regard lourd. J’ai mon appareil photo autour du cou, je n’ose pas m’approcher pour en faire le portrait. Je devine un malaise, sans comprendre. Le médecin bénévole me dira plus tard : « Après une fausse-couche en mer, elle a fait une septicémie. A quelques heures près, elle était morte. »
Le bateau est arrivé tôt ce matin dans la baie de Téoudié. Nous sommes en Nouvelle-Calédonie. Ce territoire d’outre-mer de la France de l’autre côté de la Terre. Ils le savent, ils ont visé juste, pour sauver leur peau. Une page décisive de ma vie s’écrit, ma carrière de journaliste va prendre un tournant inimaginable.
Je prends mes photos et notes de reportage.

archive de mon article à l'époque

Rassembler les maigres informations disponibles. Le capitaine parle quelques bribes d’anglais, trop peu pour raconter leur périple. Je visite la cabine, tout est démonté, détruit. Il reste la barre et des fils électriques qui pendouillent du plafond. Des jetons de jeu chinois au sol. Le bateau est vide. J’apprendrai plus tard que le moteur a été détruit, intentionnellement. Ils ne veulent pas repartir, mais rester ici. « Stay, stay here. » Ils ne connaissent pas le mot « asile politique ». En quelques minutes, je rassemble le plus d’éléments, puis les gendarmes arrivent à bord. « Vous devez descendre, Monsieur, c’est la quarantaine sanitaire comme on vous a dit.
Je sais messieurs. Vous faites votre travail. Je fais le mien. Laissez-moi encore deux minutes et on descend. »
Les militaires sont compréhensifs, humains. Il faut dire que je leur ai grillé la politesse il y a une heure :
Avec mon collègue journaliste de RFO, nous étions sur le rivage à contempler ce bateau noir au loin, dès le lever du jour. Six heures du matin, les gendarmes sont déjà là avec leur hors-bord.
« Bonjour messieurs, est-ce que vous pourriez nous mener à bord ?
- Non. Nous n’avons pas le droit. Vous ne pouvez même pas approcher à cause de la quarantaine sanitaire émise par le préfet. Il peut y avoir une maladie mortelle.
- Ah, d’accord. »
Avec mon collègue Thierry, nous avons le même profil. Deux baroudeurs que le danger attire. Je réfléchis quelques secondes, est-ce que je risque ma peau pour ce reportage ? Il y a des vies à sauver. C’est un gros coup journalistique, mais avant tout, humain. Comme pour Brahim Bouarram. Le cœur du métier.
Nous échangeons un regard. « On monte à bord ?
- Bien sûr! »

Nous allons trouver un habitant vietnamien. Il possède un hors-bord dans son garage. Enchanté de faire œuvre humanitaire, il attèle la remorque au 4×4 et met à l’eau à côté des gendarmes. « Vous restez à distance, hein ? » 
Bien sûr, bien sûr… Mais dès que le Viet met les moteurs, je lui glisse à l’oreille : « Tu passes à tribord et nous déposes rapidement à bord. »

Nous sommes donc deux, à contempler ce rafiot pourri qui a traversé trois tempêtes. Je ne le sais pas encore, mais ils étaient alors tous à genoux en train de prier, convaincus de sombrer dans l’instant. Être vivant tient pour eux du miracle. Un deuxième bateau arrivera plus tard, portant à 110 le nombre de réfugiés chinois sur le territoire.

Matignon obéit à Pékin

J’attendrai des mois leurs témoignages de tortures subies en Chine. Des mois pour que la presse parisienne s’y intéresse. Des mois pendant lesquels mon propre journal m’aura censuré, avec ce point d’orgue le 24 décembre 1997, quand j’arrive avec une page complète des récits de torture traduits en français, expliquant leur arrivée sur le Caillou. 
« Tu nous fais chier avec tes Chinois, Martin! » me dit un journaliste. Une autre me donne le coup de grâce: « Tes Chinois, on ne va pas en faire un roman. C’est Noël, on ne va pas embêter les gens avec ça. » Elle jette mon reportage à la poubelle. Mon texte est retiré du serveur informatique de la rédaction.
Pourtant, ces témoignages inédits expliquent la course contre la mort de 110 hommes, femmes et enfants réfugiés sur le sol calédonien depuis deux mois. Ils ne seront pas publiés. Trois témoignages assez doux ont été écrits la veille par un confrère obéissant. Ce sera tout. Je n’ai pas fait de scandale. En revanche, la rédaction garde jalousement les négatifs photos de mon reportage sur ces boat people, au mépris du droit d’auteur.
Je suis atterré par cette censure. Mon combat humanitaire semble s’effondrer face aux pressions de la Chine. L’Empire du milieu veut récupérer ses ressortissants. Le gouvernement Rocard a plié, et le ministre des DOM-TOM de l’époque, Jean-Jacques Queyranne, obéit à Pékin.

« Moi vivant, jamais on ne les laissera tomber. »

Je réfléchis toute la nuit, seul au monde. Démissionner serait donner la victoire à mes adversaires, ceux qui veulent me faire tomber. Rester, pour quoi faire ?
Finalement, le journal écourte notre collaboration. Il faut dire que le rédacteur en chef affronte la colère du préfet après mes articles :  « Si c’est si facile que ça, il n’a qu’à prendre ma place, votre petit journaliste! » Je deviens un fusible.

Me voici rentré à Paris un jour glacial de février 1998, moral dans les chaussettes. Je m’enrhume dès ma sortie de l’aéroport. J’ai les témoignages dans le sac, quelques contacts. Je fais le tour des rédactions parisiennes, on me propose une page du Figaro ou le 20heures de TF1. Je choisis la télévision pour sa puissance de feu médiatique, un soir d’élections. 
Sujet de trois minutes avec le premier dissident chinois Wei Jingsheng et le président de Médecins du monde. Je résume les témoignages à l’antenne. Une femme enceinte violée par les policiers jusqu’à provoquer son avortement. Un adolescent les testicules écrasés. Des brimades, des poursuites d’enfants…
 Pendant que nous parlons, un avion charter chinois doit décoller de Pékin pour aller chercher les réfugiés en Nouvelle-Calédonie. Mais le contenu de notre reportage change la donne. Le charter est annulé. De toute manière, il n’aurait pas redécollé. Des copains avaient planqué à La Tontouta, près de la piste, des camions de mine et des bulldozers géants. Le plan : dès que l’avion atterrit, envahir la piste, y déverser des tombereaux de terre avec les engins gigantesques. Aucun vol n’aurait pu repartir avant un moment. Nous sommes déterminés à leur sauver la peau. Exactement ce que j’ai pensé à bord du premier bateau : « Moi vivant, jamais on ne les laissera tomber. »

Les Chinois sont sauvés

Ce soir-là, notre passage au journal télévisé fait bouger Matignon. Les Chinois reçoivent une autorisation de séjour provisoire à Nouméa. Ils peuvent sortir du camp où ils étaient détenus depuis 6 mois, sans eau chaude ni fenêtre. Accueillis par la population après 6 mois d’emprisonnement honteux par la République française. Je ne suis pas là pour assister aux embrassades, mais le collectif humanitaire d’urgence monté avec tous les bénévoles (Secours catholique, Médecins du monde, notamment) me raconte la joie des libérés.

Je suis rentré à Paris, au chômage, blacklisté par mon groupe de presse. Mais ce soir-là, pour la première fois depuis six mois de lutte, je m’endors avec le sourire : Les Chinois sont sauvés. Ils ne retourneront pas se faire torturer et tuer dans leur pays. Dans quelques jours, je recevrai un appel étonnant. « Bonjour Martin, vous seriez d’accord pour former des journalistes aux techniques d’écriture ? » Ma deuxième carrière commence.
Martin BOHN

Archives de presse

Le 26 mars 2017 par Martin | Catégorie : 02 ECRITURE PRO, 05 FORMATION, 06 INFO, 08 Martin BOHN, ambiance, exercice, Journal de bord, carnet de voyage, journalisme, médias | Aucun commentaire

Un engin de mine écrase la voiture de son patron

Exercice d’écriture, décrire la vidéo ci-dessus en deux versions. V1 : rigoureux, sérieux, mots-clés + phrases courtes. V2 : blog perso ou Facebook, ton libre, spontané, en se mettant à la place des personnages de la vidéo.

V1 Description des faits, type billet d’agence

Un cadre moustachu de chantier parle devant une caméra. Casque blanc, manteau orange, de la vapeur sort de sa bouche dans l’air froid. Soudain, un tracteur de mine gigantesque arrive derrière lui. Les immenses roues chaînées arrivent devant une Mercedes blanche. Le godet à mi-hauteur surplombe déjà la voiture du patron. Le tracteur continue, sa roue contre le pare-choc pousse l’auto en marche arrière sur le sol glacé. Après une trentaine de mètres, le conducteur d’engin abaisse le godet. Il écrase la Mercedes comme du carton. Alors, la roue géante grimpe sur la voiture, creuse une rigole géante dans la carrosserie. La roue arrière parachève le travail. L’auto est aplatie dans toute sa longueur. Le phare avant gauche clignote. Côté conducteur, il reste un rétroviseur et une portière intacts.

V2 Billet d’humeur en se mettant à la place des personnages de la vidéo

« Dis patron, tu l’as garée où, ta belle merco ? Parce que là, j’suis au boulot. Tu sais, conducteur d’engin. Le tracteur de mine avec les roues de 4m de haut et le godet plus grand que ta caisse. Tu sais patron, aujourd’hui, je t’emmerde. T’as pas voulu m’augmenter? Depuis longtemps, tu me méprises. D’ailleurs, tu me connais ? Allez, je suis sûr que ce soir, tu n’oublieras pas mon nom. Ni ta bagnole, d’ailleurs. Ta chère voiture blanche, avec son étoile Mercedes toute propre. Ah, tiens, elle est garée pile sur ma route. Devant mon pneu. C’est drôle, elle est toute petite, ta bagnole de riche, devant mon tracteur d’ouvrier. On dirait un jouet de minot. C’est comme le regard de mépris que tu nous jettes sur le chantier. T’as l’air de mesurer 4m de haut et de nous voir comme des fourmis. Bon. On va voir si le toit de ta voiture de fourmi aime mon godet. Hooo, y’a plus de toit ! Désormais, t’es propriétaire d’une décapotable. Voyons maintenant si Mercedes aime qu’on lui passe dessus. Depuis le temps que tu nous écrases… ça alors, quelle souplesse ! C’est du carton, une merco! Elle épouse parfaitement mon pneu géant. Belle sagesse, finalement : ta voiture, c’est comme ta grande gueule : Du carton. »
M. B.

Le 18 mars 2017 par Martin | Catégorie : 02 ECRITURE PRO, 03 ECRITURE AFFINEE, 05 FORMATION, écrire sur internet, langage, vidéo | Aucun commentaire

Par M.B.
Dans son apprentissage, l’écrivain cherche une maîtrise que la vie offre à prix élevé.

La plume sert votre pensée, silencieuse encore, mais avec une envie de parler : La page blanche vous attire. C’est le premier signe. L’envie. Un message frappe à la porte pour sortir.
Puis l’idée se forme, comme une fréquence qui résonne lentement, une vapeur dans le crâne, une nouvelle vibration cherchant ses mots, ses odeurs, son corps pour s’exprimer.
L’idée se compacte et descend, de l’intelligence qui la capte à la bouche qui l’articule. Le mot s’élance, cerne la forme, dessine ce corps que le mental connaît. Le mot sculpte, dans l’espace invisible, par les vibrations du son, ce que l’esprit distingue. La parole s’élève dans l’air au rang de l’idée qu’elle transmet. Parole habile, idée fine : haute résonance. Parole lourde, idée sale : basse fréquence. La plume a coulé. Le mot est transmis, codé. Le message est prêt. L’esprit a capté, il se repose enfin.
———

Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d’entre nous contemplent les étoiles.
Oscar Wilde

 

Le 2 février 2017 par Martin | Catégorie : 03 ECRITURE AFFINEE, 05 FORMATION, blocage d'écriture, langage, littéraire, peur de la page blanche, poésie, sensible | 2 Commentaires

En quoi consistent les techniques d’écriture ? Texte rédigé pour créer la fiche wikipédia en 2007. Depuis lors, la fiche wiki a été largement modifiée par les usagers, sans la rigueur initiale.
Page mise à jour le 6 janvier 2017.

Les techniques d’écriture, inspirées des cours de journalisme, rapprochent un texte de son objectif : informer, distraire, vendre, partager, etc. Variées et inconscientes pour nombre de rédacteurs, elles évoluent par l’usage et l’expérience des métiers de communication : Écrivain, journaliste, communicant, publicitaire, porte-parole…
Ces techniques professionnelles intéressent ainsi toutes les catégories littéraires, dans la mesure où l’auteur recherche une efficacité.
Elles peuvent être rangées en quatre catégories.

1- Le journalisme a codé les techniques modernes

Par nature, les règles d’écriture journalistique visent à informer. L’objectif déontologique de ce genre demeure donc l’idéal de vérité. Ce qui ordonne les règles suivantes :
- lisibilité,
- rigueur d’écriture (le mot juste, nettoyage du style, syntaxe logique, concordance des temps, précision allégorique…),
- fiabilité du récit,
- hiérarchie de l’information (l’essentiel d’abord, l’accessoire s’il reste de la place. Car trop d’information tue l’information).

Une des premières règles d’écriture journalistique consiste à concentrer l’information en un message essentiel. Il tient en une phrase informative qui répond aux “5W” anglo-saxon (who, what, where, when, how, why) soit les six questions : qui, quoi, où, quand, comment, pourquoi (QQOQCP). Ceux qui s’ingénient à ajouter « combien » n’ont pas compris qu’il est naturellement intégré dans le quoi ou le comment. Cette pédagogie est aussi simple en théorie qu’exigeante et rigoureuse à l’échelon professionnel.

Les contraintes de l’écriture journalistique : Par manque de place dans la page, l’information prioritaire est diffusée. Ce choix implique un tri et un renoncement à diffuser les éléments accessoires. Il obéit aux règles de hiérarchie de l’information, parmi lesquelles le paramètre d’intérêt pour le lecteur (loi du mort/kilomètre ou de proximité) et partant, le chiffre des ventes. Enfin, la mise en forme de cette écriture vise à offrir une lecture rapide et agréable.

2- L’origine des techniques dans la littérature

De son côté, la littérature utilise, depuis la naissance du langage écrit, ses techniques narratives dans le profane ou le sacré :
- beauté du style,
- instrumentation du suspense,
- imagination et fantaisie des personnages et situations,
- utilisation de registre lexicaux cohérents, variés, contrastés,
- codage de l’expression selon le degré d’initiation, etc.

L’objectif avéré étant de capter l’attention du lecteur par le plaisir de lire : beauté de la langue, scénario captivant, profondeur des émotions, puissance des idéologie ou croyances, etc.

L’explosion du marché littéraire témoigne de la floraison des intérêts pour le genre, et de l’espace offert à tous les auteurs qui souhaitent inventer ou expérimenter de nouveaux procédés d’écriture. En ce sens, la bande dessinée rappelle l’origine de l’écriture, et procède d’une manière qui rappelle immanquablement les scribes d’Égypte et les lithogravures préhistoriques.

3- Le savoir-faire des diffuseurs traditionnels

Si leurs compétences sortent des strictes techniques rédactionnelles, les professionnels de la publication (éditeurs de livres et journaux, publicitaires), ont laissé une marque de leur savoir-faire dans l’écriture, notamment par l’adoption de règles typographiques, mais aussi par leur habileté à présenter le texte selon une mise en page et un graphisme valorisant. Ce savoir utilise des outils de mise en page affinée comme les logiciels Indesign et Xpress.

4- Les innovations de la diffusion internet

Internet a permis l’explosion de la production écrite sous la forme de blogs propices à une écriture personnelle. Les journaux intimes sur internet emploient parfois la technique du papier d’ambiance ou du journal de bord. Ils ont vu naître des techniques propres influencées par les procédures informatiques, mais aussi par le mode de lecture sur écran. L’analyse des comportements de lecture sur la Toile tient compte de la fatigue plus grande qu’avec un livre (nerf optique, rayonnement électromagnétique, bruit, position assise), ou d’infidélité de l’internaute. Il trouve son plaisir et son intérêt à surfer d’un site à l’autre, dans une vaste concurrence des genres. Mais gagne aussi l’avantage interactif d’échanger avec l’auteur.
Martin BOHN

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Le 7 janvier 2017 par Martin | Catégorie : 01 BASES D'ECRITURE, 04 FICHE PEDAGOGIQUE, langage | 4 Commentaires

Pour l’exercice d’écriture gustative, j’ai choisi une plaquette de chocolat noir Lindt à 85% de cacao. La marque est gravée sur chaque carré brun foncé, lisse et brillant.
J’avais peur qu’il ne chauffe, mais il est à bonne température, encore frais. Il casse d’un bruit sec.
J’hume l’odeur âpre du chocolat noir. Au nez, il m’évoque les chemins de sable chauffés par le soleil d’été près d’une étable, avec une légère pointe de fourrage, adoucie par le sucre.  Le bétail piétinant dans la paille, croquant le sol de ses sabots.
Je croque. C’est net, avec une lente montée des saveurs. Un goût très sec, presque poudreux, peu de beurre, et cette lente vague amère du cacao qui tapisse la langue et meurt doucement. C’est de la dégustation de cacao presque brut.
Il faut un moment pour y revenir, il manque la dépendance du sucre. Saveurs très sobres, un équilibre très extrême des goûts qui me feraient pencher pour une proportion moindre : au lieu de 85%, descendre à 70. Trop peu de beurre, de gras, de collant sur les doigts. C’est de la poudre de cacao amalgamée et légèrement sucrée. Savoureuse certes, mais moins extatique que les truffes de noël que nous cuisinons avec Maman.
On n’est pas dans la douceur. La noblesse peut-être, mais l’extrême chaleur d’un carré mat, fin, qui m’évoque plutôt un sentier de poussière brune.
En finissant mon carré d’un grand coup, c’est plus voluptueux, plus massif et crémeux. Mais il faut le vouloir, car la langue vient ensuite râper tout ce cacao collé aux dents, sans l’arôme du beurre. Il manque. La saveur pure demande à être accompagnée. Associée. Un appel au mariage, peut-être avec un café, une brioche, une crème. Pour faire pleuvoir quelques gouttes suaves sur cette langue de terre d’Afrique.
Martin BOHN

Le 30 novembre 2016 par Martin | Catégorie : 02 ECRITURE PRO, 03 ECRITURE AFFINEE, 05 FORMATION, ambiance, Journal de bord, carnet de voyage, sensible | Aucun commentaire

Exercice : papier sensoriel et émotionnel. Réparer le manque d’humanité fréquente dans l’écriture. Racontez un moment fort à vélo.
Question d’angle : Comment ai-je vaincu la fatigue en grimpant le col de Roncevaux à vélo ?
_______________

Je suis presque à bout de forces. En danseuse depuis une heure. Je dois pardonner.

Pour vaincre la fatigue, je vais devoir pardonner. Il y a une heure que je grimpe en danseuse. Soudain, l’évidence s’impose : Je suis tellement fatigué. Combien de temps vais-je tenir ?
Mon vélo est chargé de 15kg de matériel. Tente, duvet, nourriture… Dont 1kg de jambon que nous venons d’acheter à Bayonne. Plus une bouteille de floc de Gascogne qu’on déguste à petites lampées le soir, quand le repos devient cadeau. Mais là, j’ai le moral dans les chaussures. Concentré sur chaque coup de pédale de mon vélo demi-course. Avec cette question : vais-je atteindre le sommet ? Il me reste deux heures pour franchir le col de Roncevaux. Trente kilomètres avant l’Espagne. J’ai lâché mon ami d’enfance dès les premiers kilomètres. Nous l’ignorons encore, mais son frein arrière touche la jante en permanence. Et puis, il pèse plus que moi. Il fera une chute d’hypoglycémie, sans ressource : j’ai dans mes sacs toute la bouffe et les coupe-faim. Une moto le tirera jusqu’au col.

A mon stade de fatigue, l’expérience sportive se transforme en (Lire la suite…)

Le 13 septembre 2016 par Martin | Catégorie : 02 ECRITURE PRO, 05 FORMATION, 08 Martin BOHN, ambiance, blocage d'écriture, Journal de bord, carnet de voyage, langage, littéraire, sensible | Aucun commentaire

Qu’est-ce que j’appelle « l’aïkido verbal » ?

C’est une technique que j’aime appliquer dans le discours pour désarçonner l’adversaire, depuis que je l’ai mise au point pour certaines interviews journalistiques. Cette trouvaille rhétorique utilise vraiment un principe philosophique et technique de l’aïkido. Nul besoin d’aller se faire ratatiner le faciès sur un tatami pour comprendre la base de ce vénérable art martial transposé à l’écrit.

Cette technique sobre, simple dans son principe, et aisée dans sa mise en œuvre. Certes, je conçois fort bien que la simplicité réclame, dans notre culture mentale, des efforts de lâcher-prise, mais tout de même ! Arrêtez cette bouillie de cervelle et soyez logiques et déductifs : il s’agit d’utiliser la force de l’adversaire pour l’amener plus loin dans son prolongement. Sur ce tatamis du langage, l’aïkido verbal consiste en ceci :
Prendre une idée de l’interlocuteur (en particulier un principe qu’il se donne), et la mener à son terme. Aller plus loin que lui, dans sa direction. Extrapoler avec rigueur là où son auteur n’avait pas osé aller. Si l’idée est bancale, le raisonnement tombe de lui-même. Au plan auditif, il en résulte à peu près ça :
« Ahheuuu attends nan arrête j’ai pas voulu dire ça. Nan mais tu vas trop loin enfin si mais non mais aaaah voilà quoi ! Tu vois ce que je veux dire… »
Là, stoïque et détendu, répondez doucement : « Non ».
C’est là que votre interlocuteur agonise. Et part en défaite, en colère, en rupture de dialogue ou bien, rarement, révise son opinion.


Un exemple ? Bon mais vite alors, parce qu’il est tard et que j’ai trop relu de textes aujourd’hui, je fatigue. Tiens, un tout simple, le style café du commerce, où les idées bancales pleuvent comme la pluie sous un bœuf de Kobé (paraît qu’ils boivent de la bière. C’est incroyable comme la bière, pour moi, est diurétique).

Idée bancale de départ : « Les étrangers nous piquent le boulot, salauds d’étrangers !
- Et vous, pour les 6 milliards d’humains non français, vous êtes un étranger, n’est-ce pas ? Alors, dans cette économie sans frontière et mondialisée, vous leur piquez quel boulot ? »

Autre version : « D’accord, alors il faut interdire le travail des étrangers, que ce soit rémunéré et même bénévole parce que ça aussi ça pique le travail aux Français qui votent comme vous. Donc si vous habitez à deux mètres d’une frontière, et que votre maison brûle, l’étranger qui habite de l’autre côté de la rue, donc de la frontière, n’est pas payé pour venir éteindre votre incendie, hein, parce qu’il ne serait pas autorisé à travailler hors de chez lui n’est-ce pas ? » (Notez comme, dans le style verbal du café du commerce, la ponctuation devient défectueuse).

Plus sournois encore : on vous dit « Ah, mais ceux qui ne sont pas contents n’ont qu’à s’exprimer dans les bureaux de vote. On est en démocratie. Nos anciens sont morts pour ça. »
- Ah, on est en démocratie, pouvoir du peuple, par le peuple pour le peuple. Donc vous êtes citoyen, c’est-à-dire que vous votez les lois souverainement. Pouvez-vous me parler des lois que vous avez votées ou soumises au débat législatif, depuis que vous avez la chance d’exercer vos pleins pouvoirs démocratiques ? »

Grand classique : « Ca ne me gêne pas que l’Etat écoute mes conversations et surveille mon ordinateur. Je n’ai rien à cacher.
- Tiens, vous aimez citer comme Goebbels ? Est-ce que vous pensez vraiment comme lui ? Et puisque vous n’avez rien à cacher, pouvez-vous vous déshabiller là tout de suite ? » Et caetera. On n’en finirait pas, en fait, tant est fécond l’esprit humain qui somnole tout le jour durant.

Le 21 juillet 2015 par Martin | Catégorie : 05 FORMATION, convaincre, décryptage, langage | Aucun commentaire

L'étymologie du mot «pouce» remonte au sanskrit

Savez-vous d’où vient le mot «pouce» ? La question semble enfantine, mais elle m’a plongé en pleine nuit dans une recherche à perdre haleine… Voici l’histoire.

La plus récente trace historique vient du latin, on s’en doute, au XIIIe siècle. Pouce s’écrivait polz. Un siècle plus tôt, au XIIe, c’était pouz, du latin peuce. Ce mot latin, peuce, vient lui-même du nom pollicem, qui signifie gros orteil, ou nœud d’un arbre.
Mais l’origine ne s’arrête pas là. Prenons le frais, et allons vers le grand nord slave, où le mot palici ( je ne peux reproduire ici les accents sur les i) signifiait doigt. Notons qu’en polonais, on retrouve paluch, qui désigne le gros orteil, ou le gros doigt. Intéressant, car on approche le mot latin palpare, qui signifie évidemment sentir, toucher. Cela nous rappelle les verbes actuels en français : palper et palucher…
Retournons dans le nord slave, avec prustu (désolé, il y a encore une fois des accents que je ne peux mettre, sur les u). Prustu s’approche du lituanien prstas (avec accents sur le r et le s).
Et enfin, avant de crier pouce, si vous fatiguez, rappelons le mot sanskrit sprcati, d’où tout semble venir et qui signifie «il touche».

Mis à jour le 11/06/2014
Le 1 juin 2014 par Martin | Catégorie : langage | Aucun commentaire

Cette vidéo illustre le stage Ecrire un journal de bord, rédiger son carnet de voyage
Cela me fut demandé souvent après la vidéo : voici des extraits de textes de mon carnet de voyage en Thaïlande. Bonne lecture ! :)
Martin BOHN

p.46 Je l’ai baptisé merle d’Asie. Avec sa gueule de mainate, il vole un bout d’œuf que je lui tends du bout des doigts. Son chant varié me plaît, harmonieux, parfois drôle. C’est mon ami en Thaïlande. Il est partout. Dans les arbres, sur la route, la plage, devant les maisons, en pleine ville et même en cage dans les magasins. C’est là qu’il porte le mieux son vrai nom : acridotheres tristis, martin triste.

p.48 La montagne tombe dans une baie sublime noyée de brume. La mer s’étale, embrassée par la forêt. Pour arriver là, j’ai suivi une piste défoncée. La petite moto avait parfois du mal à grimper le chemin labouré d’ornières. Mais du sommet, le paysage offre un camaïeu de verts à l’infini.

p.50 Le soleil agonise. Il embrase la mer d’une flaque orange. Son sang brillant inonde le ciel derrière les nuages de plomb. Lente hémorragie solaire dans le miroir liquide. Il s’y noie bientôt.
Le cortège épars des marcheurs rend son hommage du soir au trépas d’Hélios. Ombres grises, marionnettes sans visage reflétant leurs silhouettes tremblantes sur un sable gorgé d’eau. L’air fraîchit. J’ai presque froid.

 

p.52 Lampions du Premier de l’an.
Face à la mer. Baie de Koh Tao calme et limpide. Sur ce ponton surplombant les vagues, je passe des jours entiers, seul et heureux. J’empile deux matelas pour dossier. Sur la table basse, un thé vert, un riz frit aux légumes, un œuf sur le plat. Mon carnet de voyage, mes stylos, mon téléphone et ses photos.
Ici, je nourris mon regard de beauté, j’emplis mon esprit de calme et mon carnet de dessins.

p.68 Le nouvel An sur la plage thaïlandaise de Sairee beach m’a offert des moments d’intense poésie. La foule a inondé le ciel de lampions. Ces grands cylindres de papier se tiennent avec soin, le temps que le combustible s’enflamme à la base et emplisse le ballon d’air chaud. Alors, c’est le moment critique et émouvant : lâcher son ballon de lumière dans la nuit noire. Libéré trop tôt, il chute. S’aplatit sur le sable et brûle. S’abîme en mer et s’éteint. Mais l’immense majorité agit avec prudence et ne lâche qu’à coup sûr, quand le lampion cherche à monter.
J’ai vu un lampion s’élever doucement en prenant le large puis descendre vers les flots. Dans sa pente pour se noyer, les clameurs de dépit et d’encouragement se mélangeaient. Le courage a gagné au dernier moment, la bougie au ras de l’eau. Le lampion est revenu en vol horizontal puis a décidé de monter. Victoire, clameur et applaudissements dans la foule enthousiaste des milliers de fêtards ! Le lampion a rejoint la myriade de lumières en transhumance vers les étoiles. Des cohortes de flammèches orange glissent dans la nuit d’encre et montent vers l’éternité.
Parfois, un lampion vient mourir derrière un arbre et renaît aussitôt. Ce soir, nous avons donné à manger à la Voie lactée. En caressant le ciel de flammes éphémères, la foule a levé dans la nuit des yeux d’enfant, perdu dans un rêve sans lune. Cette nuit du Premier de l’an, le ciel nous offre 365 pages où l’inspiration peut composer au gré de l’imaginaire. Et si nous savons enflammer nos bulles d’air, notre création saura grimper vers les étoiles.

 

Le 11 juillet 2013 par Martin | Catégorie : 03 ECRITURE AFFINEE, 05 FORMATION, Journal de bord, carnet de voyage, littéraire, poésie, sensible, vidéo | Aucun commentaire

C’est l’été, les enfants crient dehors, le soleil brûle les toits et l’eau fraîche glisse comme un trésor sur la langue. J’écris. Mais un coup de fil me délivre du travail. Une amie, de sa voix délicieuse, me fait cette confidence terrible pour le régime de l’ego : « Je savoure tes mails avec un dictionnaire. Et du coup, j’ai demandé à un copain de me prêter un livre de grand écrivain, pour me cultiver. Je vais lire Rousseau. »

Argl. (Lire la suite…)

Le 21 juin 2013 par marieM | Catégorie : littéraire | Aucun commentaire

Il a fallu un Britannique pour me faire réaliser la difficulté de lire les nombres en français. Savoureuse prise de conscience, grâce au recul que nous offre l’étranger sur notre langue. Notons également sa bonne pédagogie. Et que le français est difficile à apprendre !
Activez les sous-titres si nécessaire.

Le 22 mars 2013 par Martin | Catégorie : 01 BASES D'ECRITURE, 07 PEDAGOGIE, langage | Aucun commentaire

Mis à jour le 21 janvier 2013

Savez-vous ce qu’un texte traduit de vous ? Bien des choses, en somme, et pas toujours heureuses ; en ce sens, plus que n’en voudrait l’auteur ou son entreprise…
(Lire la suite…)

Le 21 décembre 2012 par marieM | Catégorie : 02 ECRITURE PRO, écrire sur internet, langage | Aucun commentaire

Par Martin BOHN

Texte du 08/07/2007 mis à jour le 12/12/2012
Ce texte illustre la fiche pédagogique :
Apprendre à écrire un journal de bord, rédiger son carnet de voyage.
Stages liés : Blocage de l’écrivain, angoisse de la page blanche : Racontez votre juge intérieur et Ecrire un journal de bord, rédiger son carnet de voyage

Récit à coeur ouvert – émotion pure vécue au Kosovo – un protecteur des animaux l’a lu et « aussitôt faxé à Brigitte BARDOT » : elle dénonce la chasse aux chiens dans les rues de Pristina.

 

KOSOVO, Pristina - Le froid me réveille aux premières lueurs de l’aube : un des duvets est tombé du lit. Dehors, les flaques ont gelé. Je m’habille chaudement, écharpe, bonnet, gants, et pars me balader sur la colline qui surplombe Pristina, pour voir le soleil se lever. J’en repartirai cet après-midi, fin de mission. Une matinée pour flâner. Mon souffle dégage des nuages de vapeur qui s’envolent dans le ciel bleu. La lumière orangée du levant vient dorer le moindre détritus.
Après la découverte du quartier rupin sur cette jolie colline en surplomb de la ville, je cherche un promontoire pour photographier le paysage urbain. Je veux saisir l’agglomération de 600 000 habitants avec, en décor de fond, les monstrueux réacteurs de la centrale thermique. Ils crachent en continu dans l’atmosphère leurs panaches de fumée polluée. J’entre dans une grande maison en chantier, arrive sur la dalle à l’étage. En vain : aucune vue depuis la terrasse.

En redescendant avec prudence le squelette de béton de l’escalier central, entre gravats et barres d’acier pointant vers le ciel, j’aperçois un gros chien au long poil blond. Il fouille les poubelles crevées sur la dalle de ciment du rez-de-chaussée. Nos regards se croisent. Belle bête massive, sans collier, avec, malgré sa lignée bâtarde, quelque chose de noble et puissant. (Lire la suite…)

Le 12 décembre 2012 par marieM | Catégorie : 08 Martin BOHN, ambiance, Journal de bord, carnet de voyage, littéraire, sensible | Aucun commentaire

Je le martèle à longueur d’année, en stage, en cours, partout : soyez vous-mêmes, écrivez comme vous êtes ! Dites les choses à l’écrit avec simplicité, au lieu de forcer votre style et malmener votre plume qui, mécaniquement, s’en trouve faussée. Ça se sent dès la première lecture d’un texte à la syntaxe allongée, aux constructions de phrases inversées, à la forme passive et alambiquée…

La manière dont vous pensez est respectable, à vos yeux : elle mérite donc une formulation claire, aussi spontanée qu’à l’oral. Ne me faites pas croire que vous réfléchissez en inversant les phrases, en collant des subordonnées à tiroirs…

Donc, au lieu de chercher des heures la formule qui « fasse joli », transcrivez directement la formule qui vous vient à l’esprit, la plus simple, la plus spontanée, à haute voix. Elle sert de base ensuite pour réécrire. Là, vous pouvez affiner le style, comme un sculpteur ébauche sa création.

Le 8 novembre 2012 par sosno | Catégorie : 04 FICHE PEDAGOGIQUE, exercice, langage | 3 Commentaires

Par Dolores DJAFER pour 2mots.fr

Ce qu’est l’écriture ? Une prière… C’est bien de ça qu’il s’agit. Une connexion avec… Une évasion contrôlée, une part de soi qui nous échappe, une méditation.
Souvent, lorsque j’écris, je sens qu’un univers m’envahit.

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Le 12 septembre 2012 par marieM | Catégorie : littéraire, sensible | Aucun commentaire

 

Par M.B. mis à jour le 31 août 2012
Comment adoucir son style, instaurer la sérénité dans un texte ? La plume affinée commande d’apaiser sa pensée. Extraits de ma pédagogie…

Laissez respirer la parole. Le temps du silence, doucement, s’installe. C’est le rythme, ternaire, comme une pulsation. Parlez à voix haute, écoutez votre texte. Et quand il est musique, il parvient à chanter. Alors s’il vous plaît, n’y touchez plus.

Le langage est parole et musique, rien ne les dissocie, n’en déplaise aux endormis. Quand il touche à l’harmonie, vous le sentez, il permet à l’intérieur et l’extérieur de communiquer.

Notre vie est ce qu’en font nos pensées.
Marc Aurèle

Installer le calme dans votre écriture lui permet de se démarquer du vacarme environnant. Comment ? En apaisant vos idées, leur signifiant un ordre, et en les avançant avec douceur, dans un rythme tranquille.

Pas de négation, pas de précipitation : sentez comme ces mots cognent et descendent. Préférez l’action calme, la syntaxe positive et respectueuse de l’imaginaire, celui que le lecteur vous prête pour jouer avec.

Écoutez, tout est là.

La prière, la vraie, est silencieuse. Oui, silencieuse, parce que toute parole est imparfaite.
Francine Ouellette

Le 31 août 2012 par marieM | Catégorie : sensible | 4 Commentaires