Par M.B.
J’ai mis quelques années à bâtir cet atelier d’écriture de chansons. Ayant goûté moi-même au genre, j’ai pu en saisir la richesse et la complexité. Et surtout l’envie d’améliorer la qualité des textes que j’entends en musique… Souvent, il me déçoivent par leurs lacunes. Je songe alors : « C’est dommage, une petite réécriture et le texte devenait magnifique ! » La porte est maintenant ouverte, pour transmettre mes outils et créer des textes de chansons encore plus beaux.
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Par Martin BOHN
Cette histoire d’écriture aidée a permis de créer un stage de thérapie par l’écriture. Le témoignage d’Aurélie a été publié par le magazine de parapente Aérial en décembre 2007. Aujourd’hui, trois ans après, des lecteurs disent à l’auteur leur reconnaissance émue.
Mon téléphone sonne : c’est Aurélie COTTIER, amie de longue date. Elle pleure. Aurélie est ce genre de jeune femme qui ne laisse pas indifférent. Personnalité volontaire au charme espagnol, elle s’engage pleinement à cultiver ses passions.
Et notamment : la photographie, elle a abandonné son parcours de recherche scientifique pour devenir photographe professionnelle. La plongée, elle passe son brevet d’État. Et le parapente, qui lui permet de réaliser de spectaculaires photographies aériennes dans le monde entier, et nous vaut cette histoire de thérapie par l’écriture.
Aurélie m’apprend, la voix brisée :
«Martin, je rentre de l’hôpital. J’ai tapé en parapente.»
Cette histoire d’écriture aidée a permis de créer un stage de thérapie par l’écriture. Le témoignage d’Aurélie a été publié par le magazine de parapente Aérial en décembre 2007. Aujourd’hui, trois ans après, des lecteurs disent à l’auteur leur reconnaissance émue.
En une fraction de seconde, j’ai compris que j’allais percuter et me faire atrocement mal… Deux semaines plus tard, mes vertèbres et ma cheville commencent à se ressouder. Mais, pour apaiser mon mental taraudé par l’effrayant souvenir de l’accident, voici comment j’ai bénéficié de la thérapie par l’écriture.
Par Martin BOHN
Ce texte illustre le stage : Apprendre à écrire un journal de bord, rédiger son carnet de voyage.
Les grains de sable volent discrètement dans le vent du désert de Jordanie. Tout autour, le Wadi Rum s’étale sous la lumière du soleil levant. Grandes plaines de sable jaune entre les montagnes de pierre rose. Un corbeau survole la roche. Son croassement résonne longtemps dans les murailles. Le campement s’éveille. Des bédouins préparent le thé. Ici, j’ai passé des heures à contempler les étoiles dans une nuit d’encre. Puis la lune s’est levée. Éblouissante dans un ciel pur. Sur ces vastes plaines, elle a jeté sa lumière bleutée. Sereine, sur la majesté des colosses de pierre immobiles pour l’éternité. Ces montagnes en couches minérales qui furent le fond des mers, il y a des millions d’années. Maintenant, la mer est de sable avec pour vaisseaux, les dromadaires. Une chauve-souris volette, une hyène hurle et son écho se perd sous les étoiles. Comme mes pas, couverts par le vent froid. Ici, tout passe. Seuls témoins aveugles, ces montagnes, sculptées par les vagues de la préhistoire, que le vent change en grains. Ici, la vie est minuscule. Mon corps, un grain de sable. Pourtant, je n’ai jamais si bien touché l’univers.
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,
Golfes d’ombre ; E, candeur des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;
U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silence traversés des Mondes et des Anges :
O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
Arthur Rimbaud

Par Martin BOHN
Ce texte illustre le stage : Apprendre à écrire un journal de bord, rédiger son carnet de voyage.
Journal de bord en Nouvelle-Calédonie, 1998, à l’anse Vata, la grande plage de Nouméa. Puis le carrosse de Marcel.
On n’est pas le miroir fidèle de soi-même. Seul un regard extérieur peut traduire avec rigueur et bienveillance les liens entre les objets et ma vie, entre mon histoire et l’aménagement de mon espace quotidien. Telle est mon approche de la Nouvelle-Calédonie. Regard fouineur mais aimant, qui cherche, découvre, s’attache aux hommes et au pays. Certains se prévalent d’une approche scientifique du Territoire, d’autre plongent dans son histoire, l’approchent par la loi, par l’argent ou par la politique. Mon approche est simplement celle du cœur. (Lire la suite…)
Les instants de bonheur où je traduis un talent, c’est en captant dans l’air une histoire qui flotte. Elle attend d’être attrapée par l’esprit et couchée sur le papier.
Par Martin BOHN pour Neotourisme. Ce texte illustre le stage : Apprendre à écrire un journal de bord, rédiger son carnet de voyage.
Le plaisir de voyager réside en la rencontre. S’immerger dans une culture étrangère, approcher des territoires de pensée nouvelle, échanger avec un peuple inconnu… Alors, l’espace d’un dialogue, d’un danger ou d’un accueil bienveillant, expérimenter une amitié neuve.

Chamelier dans le Wadi Rum, Jordanie ©Martin BOHN
Voyager signifie marcher en terre inconnue, découvrir de nouvelles sensations, épreuves et plaisirs inédits. Vivre pleinement la nouveauté, regard écarquillé, cœur à l’affût. Se retrouver quasi muet dans une langue aux sons étranges et, par la magie des ressources humaines, trouver d’instinct son langage primitif et puissant : parler en gestes, plonger dans les yeux de l’autre avec une acuité vive. S’enrichir d’un vocabulaire neuf, constater que l’on s’adapte sans limite, expérimenter sa puissance partout et oser confronter sa conscience à celle d’un peuple aux mœurs bâties sur d’autres lois.
Cette rencontre augmente le pouvoir du voyageur. Il est rassuré par sa propre résistance et les aides que la providence lui apporte. “On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait”, notait justement l’écrivain-voyageur Nicolas Bouvier (L’usage du monde).
Ici, l’âme du néo-touriste touche aux racines de la rencontre. Se provoquer soi-même en cherchant la différence, observer comment, sans repère, s’invente une solution. Et ouvrir grand les sens à ce qui fait l’aventure, libre des pollutions commerciales organisées, lavée de tout artifice, offerte aux surprises quotidiennes quand le rythme et l’esprit du voyageur s’accordent au sol qu’il parcourt. En marchant sur une terre inconnue, le voyageur creuse la connaissance de soi.
Le clavier me chauffe les poignets. Mon ordinateur portable s’enflamme avec ce climat de vacances. Ciel bleu et soleil brûlant en matinée sur Limoges. Ici, en salle de formation à France 3, les touches crépitent et les stagiaires soufflent et transpirent. Moi aussi. 
Je lève les yeux avec plaisir vers la longue tablée que je préside. Dès que ma peau s’humidifie de sueur, j’attrape la télécommande de climatisation. Sceptre royal qui ordonne la température des corps et l’aisance du cerveau. Parfois, c’est juste le spectacle d’un visage luisant qui me rappelle de presser le bouton jaune de l’émetteur. Aussitôt, une bouche grillagée au plafond exhale son souffle glacé et vient me saisir la nuque.
Les muscles se raidissent sous la morsure progressive, et j’éteins rapidement la soufflerie d’air sec et pollué de bactéries. Est-ce le froid ou la toxicité de l’air qui m’irrite la gorge en quelques secondes ? J’ai l’impression d’avoir avalé une ortie depuis que je jongle avec la clim’. Ma voix faiblit tandis qu’une main de glace s’apprête à m’étrangler.

Voilà mon souci: jongler entre une gorge saine et une sudation mesurée, afin d’épargner les occupants de la salle. Entre la chaleur qui plombe les paupières et l’étranglement du froid mécanique, l’atmosphère brûlante qui trempe ma chemise ou le confort provisoire d’un air pollué, l’aisance maintenant que je paierai d’une bronchite plus tard…
Mon corps ne chauffe pas encore mais les tempes me serrent légèrement. Fatigue des jours à animer le stage malgré mon agréable chambre d’hôtel. Chaleur de l’été et de l’ambiance, heureusement. J’ai plaisir à transmettre mon expérience de l’écriture (rédiger sur le web), dans ce groupe de télévision française. Une chance, mes stagiaires sont motivés et doués. Satisfaction intellectuelle qui s’ajoute à l’atmosphère cordiale de personnalités riches, avenantes et promptes à l’imaginaire souriant. Le chaleur que mon corps fuit, mon esprit l’apprécie. Je suis impatient de lire leur production dans quelques minutes. Ils doivent rédiger un texte répondant à la question: Qu’est-ce que je ressens ici et maintenant?
Martin BOHN
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Des extraits de leurs textes:
1er juillet 2009
J’ai la boule au ventre.
Martin, mon tortionnaire, me demande d’exprimer sur une feuille, qui risque de rester bien blanche, ce que je ressens à ce moment précis. J’ai une heure, il me faut trois jours. C’est exactement le moment que je redoutais en acceptant de venir ici. Maintenant, je suis là, comme un con devant mon ordinateur.
Je retrouve cette terrible sensation, la boule monte et reste coincée sous le sternum. Mes mains tremblent à l’idée de surmonter le deuxième obstacle… la lecture en public.
Cette sensation, j’ai une longue histoire avec elle. Depuis l’école, où mes profs étaient habitués à mes pages blanches.
J’ai envie de trouver un prétexte pour esquiver. Je veux retrouver ma caméra ou mon appareil photo. C’est avec lui que je me sens le mieux, caché derrière son viseur, à faire ressortir les pensées des autres.
Je veux rentrer chez moi, retrouver ma famille, mes instruments, jouer au tennis.
Que dire ? Que faire ? Il me reste vingt minutes, j’ai encore le temps de partir, loin, loin de cette salle de torture.
En me relisant, j’ai le sentiment de m’être pris au jeu.
Mes mains ne tremblent plus. Cette satanée boule est sortie, merci Martin, mais que faire avec ? L’enfouir et la ressortir dans dix ans lorsque mes filles me demanderont de les aider à leurs dissertations ? Profiter de l’avoir dans la main et l’apprivoiser ?
Je besoin d’une pause. Je vais l’emmener faire un tennis… c’est bien le tennis. Je vais pouvoir me défouler, elle s’en souviendra autant que moi et le sale quart d’heure que je viens de passer.
Thomas
1 juillet 2009
Ma peau est moite.
Mes doigts poisseux.
Et ma gorge sèche.
Le regard rivé sur un écran sans âme.
Je tente de me ressentir!
Ça va, comme tous les matins j’ai mis mon parfum…
Est-ce qu’il va durer toute la journée ?
Une journée chaude, ça se prévoit.
sinon c’est le chaos.
Une vision d’horreur me submerge.
La sueur ruisselle le long de ma colonne vertébrale.
Mon haleine devient fétide.
Mes pieds suintent avec une légère odeur de camembert.
Ma respiration s’accélère à la limite de la suffocation.
Non, c’est un cauchemar.
La climatisation fonctionne avec son ronron régulier.
Je sens sur ma peau, une légère brise.
Et le regard bienveillant de mes collègues.

Un rétro projecteur, des tables, des murs blancs, bienvenue dans l’univers de la formation. Dans cette pièce, impersonnelle la soif me tenaille. La chaleur est présente, je viens de chercher un verre d’eau fraiche, en vain, il n’y a plus de gobelets. Je suis en formation. Avez-vous remarqué combien les salles de formation ressemble a des blocs opératoires, blanc, lyophilisés ?. Comme si un quelconque décor, une affiche, de la couleur pouvait perturber la concentration du formé que je suis. Régulièrement le bruit de la climatisation me rafraichit. Sur l’inévitable paperboard il y a nos adresses de blog, on peut ainsi découvrir le travail des autres, le juger, le corriger. Tout cela se passe en bonne intelligence, personne ne critique ou ne descend les autres. Les remarques sont constructives, et au final le stage est bénéfique. J’ai participé à des formations ou la foire aux égos dépassait tout débat constructif. Le stage était intéressant mais au fond qu’ai-je retenu ? Ici ce n’est pas le cas, je m’y sens bien, j’ai envie que cette formation continue. Ce n’est sans doute pas un hasard, je construis mon projet professionnel autour d’une évolution vers le web, sur ses apports mais aussi sur ses dangers. En 3 jours, je n’ai eu qu’une confirmation de mon choix d’évolution professionnelle. Mais à la fin d’un tel stage une question me taraude, ne va-t-il pas engendrer plus de frustration que de satisfaction ? Frustration de ne pouvoir exercer ce que j’ai appris ici, dans le cadre de mon activité professionnelle, et au final me dire , qu’il est grand temps de franchir le pas et faire ce qui me fait envie. Ai-je besoin d’un tel stage pour m’en convaincre ?
Olivier
C’est ce qu’on m’avait appris un autre jour, dans une autre vie à une époque où le stylo bic voir le mont-blanc, c’était selon, remplaçait les cliquetis des ordinateurs qui ce matin me déconcentrent. Chacun est dans les starting-block. Je serai rassuré lorsque je serai arrivé au bout de cette course en sachant que pour l’heure bien des obstacles m’attendent…
Mais j’y pense… Je ne suis en compétition qu’avec moi-même. Il n’y aura pas de classement ni de bon point distribué à l’issue de cette épreuve. Alors que suis en train de vouloir me prouver ? Que je ne suis pas plus con qu’un autre ou qu’il me faut bien admettre que l’avenir de mon blog aura vécu le temps que vivent les roses, l’espace d’un instant… Merde ! Je suis en train de donner dans l’écriture « sensitive »… Reprends-toi Eric. Sujet, verbe et complément. Même ces trois mots là mis bout à bout ne font pas une phrase ! Je ne crois ne pas avoir répondu à la question « qu’est ce je ressens ici et maintenant ». Pourquoi n’ai-je pas tout lu Freud et Lacan ? C’est décidé, ce soir je commence par « l’inquiétante étrangeté ».
Eric

Par M.B.
De toutes les stations de métro parisien, une seule porte un nom de femme : Louise MICHEL, en la commune de Levallois-Perret, où l’écrivaine fut enterrée lors de funérailles qui ont rassemblé 120.000 personnes… J’ai été ébloui par la justesse de ses description du peuple canaque, lorsque je vivais à Nouméa. Rappelons que Louise MICHEL est avant tout une poète, en plus d’avoir été si populaire auprès du peuple, mais aussi par de noms illustres comme Georges Clemenceau ou Victor Hugo.
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