Par M.B.
Dans son apprentissage, l’écrivain cherche une maîtrise que la vie offre à prix élevé.

La plume sert votre pensée, silencieuse encore, mais avec une envie de parler : La page blanche vous attire. C’est le premier signe. L’envie. Un message frappe à la porte pour sortir.
Puis l’idée se forme, comme une fréquence qui résonne lentement, une vapeur dans le crâne, une nouvelle vibration cherchant ses mots, ses odeurs, son corps pour s’exprimer.
L’idée se compacte et descend, de l’intelligence qui la capte à la bouche qui l’articule. Le mot s’élance, cerne la forme, dessine ce corps que le mental connaît. Le mot sculpte, dans l’espace invisible, par les vibrations du son, ce que l’esprit distingue. La parole s’élève dans l’air au rang de l’idée qu’elle transmet. Parole habile, idée fine : haute résonance. Parole lourde, idée sale : basse fréquence. La plume a coulé. Le mot est transmis, codé. Le message est prêt. L’esprit a capté, il se repose enfin.
———

Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d’entre nous contemplent les étoiles.
Oscar Wilde

 

Le 15 juillet 2014 par | Catégorie : 03 ECRITURE AFFINEE, 05 FORMATION, blocage d'écriture, langage, littéraire, peur de la page blanche, poésie, sensible | 2 Commentaires

[A toutes les futures mamans]

Tu es enceinte, ton corps est un temple. Il s’y échange les plus belles paroles, les plus belles confidences avec la Vie. En ce temple s’écrit le plus beau texte que nous puissions connaître. Dans leur langage, les scientifiques l’appellent le code génétique, un ensemble de signaux chimiques qui composent le petit être en ton ventre. Ce texte dicte la couleur de ses yeux, de ses cheveux, son sexe, son tempérament, ses forces et toutes les formes que prendra son corps dans le temps.

Mais je veux surtout te parler de toi, mère. Tu es un temple par le mystère de la vie, en ce sens que les pensées les plus sacrées circulent en toi. Des élans d’amour sans fin, mélangés de peurs atroces que tu peines à avouer. Eh oui, la vie se joue pleinement en ton corps et en ton cœur, elle n’a pas de limite. Ces émotions immenses te submergent donc. La vie qui germe en ton sein est baignée par un océan agité.

Ainsi, le temple reçoit les plus sacrées des pensées, et les confessions les plus dures. Qu’importe au fond d’être ainsi traversée par ces vagues d’émotion ? Ce qui compte, c’est que le temple tienne. Et pour l’aider à tenir, un pilier fondamental s’appelle la confiance. Justement, elle manque aux mamans. Cette confiance est balayée par les peurs. Je vais te dire ce que signifie la peur d’être mère. Elle est, en creux, l’empreinte sublime de la forme inscrite dans le cœur des femmes, qui les pousse à prendre le plus grand soin du petit être fragile qui pousse en elles. Elle est la conscience donnée aux mères que ce petit être a besoin d’une immense attention car sa vie ressemble à un champ d’hypothèses. Mais les mères pensent trop à la mort, car elles simplifient cette conscience à la dimension de la peur. Elle ne prennent pas le temps de repousser la peur pour regarder pleinement la conscience de tout ce qu’implique l’accueil de l’être qui vient. C’est ici le rôle du père, d’aider la mère à prendre du recul, et regarder de plus haut ce qui descend en ce temple.

Il faut pour cela la force masculine qui pondère la sensibilité féminine. Deux arches du pont.

Le temple tient par plusieurs piliers. L’autre pilier est le repos. Celui du corps est assez simple à concevoir. Mais celui de l’esprit est trop ignoré. L’esprit qui se repose ne forme plus d’hypothèse. Il ne pense plus. Il est à l’état du muscle qui se relâche et n’envisage pas d’effort avant le réveil. C’est la méditation, l’abandon total, l’eau calme d’un lac.

Dans le temple, parce que la vie y est portée à son paroxysme, on fait silence. On prie. Sois la plus belle des prières pour celle que la vie te demande d’être ! La vie te demande d’être heureuse, parce que c’est bon pour l’enfant. La vie t’offre du bonheur, ce n’est pas par hasard. Prends ce cadeau, il est pour toi, pour toi seule ! Tu le mérites donc. Ne déçois pas la vie, ne crois pas que tu ne mérites pas, ne t’afflige pas de peurs inutiles ou de pensées polluantes. La vie ne demande pas que tu salisses le cadeau qu’elle te fait. Alors tranquillement, en regardant pousser cette graine en ton jardin, savoure le soleil intérieur qui grandit, regarde l’amour que tu portes à cet être et laisse-toi bercer par la douceur du vent des pensées douces que t’apporte la maternité. Voilà la prière la plus sacrée dont tu es le temple, et que la vie aime entendre résonner en ton cœur.

Au nom de la vie qui s’écrit en toi, la lignée des humains peut te dire « merci ! ».

Martin

Le 25 juin 2014 par Martin | Catégorie : 05 FORMATION, 08 Martin BOHN, écriture thérapeutique, enfants, langage, sensible | Aucun commentaire

L'étymologie du mot «pouce» remonte au sanskrit

Savez-vous d’où vient le mot «pouce» ? La question semble enfantine, mais elle m’a plongé en pleine nuit dans une recherche à perdre haleine… Voici l’histoire.

La plus récente trace historique vient du latin, on s’en doute, au XIIIe siècle. Pouce s’écrivait polz. Un siècle plus tôt, au XIIe, c’était pouz, du latin peuce. Ce mot latin, peuce, vient lui-même du nom pollicem, qui signifie gros orteil, ou nœud d’un arbre.
Mais l’origine ne s’arrête pas là. Prenons le frais, et allons vers le grand nord slave, où le mot palici ( je ne peux reproduire ici les accents sur les i) signifiait doigt. Notons qu’en polonais, on retrouve paluch, qui désigne le gros orteil, ou le gros doigt. Intéressant, car on approche le mot latin palpare, qui signifie évidemment sentir, toucher. Cela nous rappelle les verbes actuels en français : palper et palucher…
Retournons dans le nord slave, avec prustu (désolé, il y a encore une fois des accents que je ne peux mettre, sur les u). Prustu s’approche du lituanien prstas (avec accents sur le r et le s).
Et enfin, avant de crier pouce, si vous fatiguez, rappelons le mot sanskrit sprcati, d’où tout semble venir et qui signifie «il touche».

Mis à jour le 11/06/2014
Le 1 juin 2014 par Martin | Catégorie : définir, langage, mot du jour | Aucun commentaire

Il a fallu un Britannique pour me faire réaliser la difficulté de lire les nombres en français. Savoureuse prise de conscience, grâce au recul que nous offre l’étranger sur notre langue. Notons également sa bonne pédagogie. Et que le français est difficile à apprendre !
Activez les sous-titres si nécessaire.

Le 22 mars 2013 par Martin | Catégorie : 01 BASES D'ECRITURE, 07 PEDAGOGIE, difficultés, enfants, langage | Aucun commentaire

En quoi consistent les techniques d’écriture ? Texte rédigé pour créer la fiche wikipédia en 2007. Depuis lors, la fiche wiki a été largement modifiée.
Page mise à jour le 19 janvier 2013.

Les techniques d’écriture, inspirées des cours de journalisme, rapprochent un texte de son objectif : informer, distraire, vendre, partager, etc. Variées et inconscientes pour nombre de rédacteurs, elles évoluent par l’usage et l’expérience des métiers de communication : Écrivain, journaliste, communicant, publicitaire, porte-parole…
Ces techniques professionnelles intéressent ainsi toutes les catégories littéraires, dans la mesure où l’auteur recherche une efficacité.
Elles peuvent être rangées en quatre catégories.

1- Le journalisme a codé les techniques modernes

Par nature, les règles d’écriture journalistique visent à informer. L’objectif déontologique de ce genre demeure donc l’idéal de vérité. Ce qui ordonne les règles suivantes :
- lisibilité,
- rigueur d’écriture (le mot juste, nettoyage du style, syntaxe logique, concordance des temps, précision allégorique…),
- fiabilité du récit,
- hiérarchie de l’information (l’essentiel d’abord, l’accessoire s’il reste de la place. Car trop d’information tue l’information).

Une des premières règles d’écriture journalistique consiste à concentrer l’information dans un message essentiel. Il tient en une phrase informative qui répond aux “5W” anglo-saxon (who, what, where, when, how, why) soit les six questions : qui, quoi, où, quand, comment, pourquoi (QQOQCP). Ceux qui s’ingénient à ajouter « combien » n’ont pas compris qu’il est naturellement intégré dans le quoi ou le comment. Cette pédagogie est aussi simple en théorie qu’exigeante et rigoureuse à l’échelon professionnel.

Les contraintes de l’écriture journalistique : Par manque de place dans la page, l’information prioritaire est diffusée. Ce choix implique un tri et un renoncement à diffuser les éléments accessoires. Il obéit aux règles de hiérarchie de l’information, parmi lesquelles le paramètre d’intérêt pour le lecteur (loi du mort/kilomètre ou de proximité) et partant, le chiffre des ventes. Enfin, la mise en forme de cette écriture vise à offrir une lecture rapide et agréable.

2- L’origine des techniques dans la littérature

De son côté, la littérature utilise, depuis la naissance du langage écrit, ses techniques narratives dans le profane ou le sacré :
- beauté du style,
- instrumentation du suspense,
- imagination et fantaisie des personnages et situations,
- utilisation de registre lexicaux cohérents, variés, contrastés,
- codage de l’expression selon le degré d’initiation, etc.

L’objectif avéré étant de capter l’attention du lecteur par le plaisir de lire : beauté de la langue, scénario captivant, profondeur des émotions, puissance des idéologie ou croyances, etc.

L’explosion du marché littéraire témoigne de la floraison des intérêts pour le genre, et de l’espace offert à tous les auteurs qui souhaitent inventer ou expérimenter de nouveaux procédés d’écriture. En ce sens, la bande dessinée rappelle l’origine de l’écriture, et procède d’une manière qui rappelle immanquablement les scribes d’Égypte et les lithogravures préhistoriques.

3- Le savoir-faire des diffuseurs traditionnels

Si leurs compétences sortent des strictes techniques rédactionnelles, les professionnels de la publication (éditeurs de livres et journaux, publicitaires), ont laissé une marque de leur savoir-faire dans l’écriture, notamment par l’adoption de règles typographiques, mais aussi par leur habileté à présenter le texte selon une mise en page et un graphisme valorisant. Ce savoir utilise des outils de mise en page affinée comme les logiciels Indesign et Xpress.

4- Les innovations de la diffusion internet

Internet a permis l’explosion de la production écrite sous la forme de blogs propices à une écriture personnelle. Les journaux intimes sur internet emploient parfois la technique du papier d’ambiance ou du journal de bord. Ils ont vu naître des techniques propres influencées par les procédures informatiques, mais aussi par le mode de lecture sur écran. L’analyse des comportements de lecture sur la Toile tient compte de la fatigue plus grande qu’avec un livre (nerf optique, rayonnement électromagnétique, bruit, position assise), ou d’infidélité de l’internaute. Il trouve son plaisir et son intérêt à surfer d’un site à l’autre, dans une vaste concurrence des genres. Mais gagne aussi l’avantage interactif d’échanger avec l’auteur.
Martin BOHN

 

Le 19 janvier 2013 par Martin | Catégorie : 01 BASES D'ECRITURE, 04 FICHE PEDAGOGIQUE, définir, langage | 2 Commentaires

Mis à jour le 21 janvier 2013

Savez-vous ce qu’un texte traduit de vous ? Bien des choses, en somme, et pas toujours heureuses ; en ce sens, plus que n’en voudrait l’auteur ou son entreprise…
(Lire la suite…)

Le 21 décembre 2012 par marieM | Catégorie : 02 ECRITURE PRO, écrire sur internet, écrit web, langage | Aucun commentaire

Je le martèle à longueur d’année, en stage, en cours, partout : soyez vous-mêmes, écrivez comme vous êtes ! Dites les choses à l’écrit avec simplicité, au lieu de forcer votre style et malmener votre plume qui, mécaniquement, s’en trouve faussée. Ça se sent dès la première lecture d’un texte à la syntaxe allongée, aux constructions de phrases inversées, à la forme passive et alambiquée…

La manière dont vous pensez est respectable, à vos yeux : elle mérite donc une formulation claire, aussi spontanée qu’à l’oral. Ne me faites pas croire que vous réfléchissez en inversant les phrases, en collant des subordonnées à tiroirs…

Donc, au lieu de chercher des heures la formule qui « fasse joli », transcrivez directement la formule qui vous vient à l’esprit, la plus simple, la plus spontanée, à haute voix. Elle sert de base ensuite pour réécrire. Là, vous pouvez affiner le style, comme un sculpteur ébauche sa création.

Le 8 novembre 2012 par sosno | Catégorie : 04 FICHE PEDAGOGIQUE, exercice, langage | 3 Commentaires

Texte symbolique après un stage de mediatraining. Mes stagiaires enrichissaient leurs techniques pour prendre la parole en public. Les faire travailler sur le souffle et la voix m’a donné envie de rédiger une partie de ce que j’enseigne à l’oral.

 

Le souffle en nous produit la vie. Enserré, il n’est pas. Il fuit. Air étranglé, gorge serrée, mot vidé. La parole se plaît dans l’atmosphère, qu’elle ne manque pas d’air !

Prendre son souffle précède la parole. Prendre la voix qui inspire en soi. L’expir formulé, le mot soufflé forme le verbe. Sorti du corps, sorti du cœur, il frappe d’autre corps, d’autres cœurs. Rien en nous ne naît en vain. Mais nous sommes souvent assassins de mots, d’esprit, de vie.

Quand la vie enfle en mon ventre, inspir. Si je la retiens, elle expire. Le souffle ne sait où il part. Cet inconnu peut flétrir son aile, son envol, sa route. Sans air qui le porte, oiseau échoué, le verbe disparaît. Noyé sous le flot du temps silencieux. Une vague suivante, l’émotion reparaît plus rude, plus forte. Pour la faire taire, il faudra davantage forcer l’air. Serrer la gorge, les dents, les poings et se terrer sous la crainte de vivre, de lâcher l’émotion à l’inconnu.

Alors, il faudrait me dire : « En avant ! » Marcher sans crainte dans cette énergie que rien ne retient. Le grain germé ne repart jamais en arrière. Le germe sort de terre et prend l’air, mais ne dit mot. Seul l’humain le peut. Seul l’humain forme son verbe et crée, ou laisse mourir en lui sa vie. L’oiseau chante, le chien aboie, l’humain parle. Spécifique pouvoir qu’il a retourné contre lui-même. Comme est grande l’énergie de mort que l’humain place en sa bouche ! Il l’appelle mensonge, sans aller voir plus loin cette peur incalculable, calculée par d’autres pour lui tenir la gorge.

Mais le mot se forme en profondeur. Dans les souterrains de l’âme, aux tréfonds du corps. Fécond, il germe et grandit. Quand passe un trait de lumière, de vie, il croît. Quand rôde l’ombre pestilentielle du mensonge, il se recroqueville et dépérit. Le verbe est une éponge. Il absorbe tout. Il traduit. La voix transmet. Quand je cache, elle trahit. Quand je pleure, elle tremble. Quand je chante, elle resplendit. La voix rayonne dans le rire et bâtit les bonheurs du monde. Dans un corps meurtri, la voix juste encore résiste comme un arbre fouetté par le vent marin, forte et sublime. Elle témoigne de l’âme portée par le corps. Épurée par les souffrances mais enracinée dans le monde, fidèle à la Terre qui la nourrit. Elle transmet jusqu’au bout la vie.
Martin BOHN

Le 19 juin 2012 par Martin | Catégorie : 02 ECRITURE PRO, 05 FORMATION, convaincre, formation, langage, mediatraining, prise de parole en public, sensible | Aucun commentaire

Avant de voter dans une élection présidentielle, contemplez. Ce visage connu dans les médias, présent sur les plateaux de télévision, et qui sollicite votre bulletin de vote : Contemplez-le. Faites silence pour vous concentrer et ressentir en vous, de manière fine, ce qui est marqué sur sa tête. Il ou elle vit du système politique actuel, et demande pour cela que vous lui accordiez votre confiance. Juste le temps de voter. Ensuite, c’est parti pour des années. Votre geste a donc une conséquence dans la durée. Votre confiance ou votre défiance en est la clé.

(Lire la suite…)

Le 11 avril 2012 par Martin | Catégorie : 03 ECRITURE AFFINEE, ambiance, langage, sensible | 2 Commentaires

Exercice d’écriture en 1 heure : billet d’humeur ironique

L’ubuesque président ukrainien Alexander Lukaschenko est très frileux : un sein en hiver et le délicat potentat tremble. Alors, il échauffe la manifestante dépoilée. Il lui tondrait même la tignasse, disent les trois frivoles frictionnées lundi : elles ont osé déployer gorge et poumons au siège du KGB à Minsk. Mais Lukaschenko, fort émotif, craint la douceur mammaire. Sus au lolo nu ! crieraient ses poulets. Raides dans leur policière autorité, ils raflent les poules. Après 300 km en bétaillère, elles sont lâchées en forêt, déplumées du poitrail. Avec sévices offerts par la maison. Une coupe de cheveux notamment et friction du corps à l’essence. C’est gentil tout plein : il gèle à pierre fendre dans le décembre ukrainien.
Martin

Ukrainiens lolos

Notes de titre :
Manifestantes aux seins glacés pour le givré Lukaschenko
Le lolo qui fait trembler le petit Lukaschenko
Face aux lolos  givrés, coup de chaud pour Lukaschenko
Le 23 décembre 2011 par Martin | Catégorie : 02 ECRITURE PRO, 03 ECRITURE AFFINEE, 05 FORMATION, billet d'humeur, écrit web, journalisme, langage, vidéo | Aucun commentaire

Allez, voici un truc aussi simple qu’efficace : mon secret pour atteindre une relative maîtrise d’écriture.
Il est 03h06 du matin. Je viens de me lever et d’attraper le Bescherelle pour vérifier la conjugaison du verbe acquérir au présent, première personne du pluriel. (Lire la suite…)

Le 5 septembre 2011 par | Catégorie : 03 ECRITURE AFFINEE, 07 PEDAGOGIE, 08 Martin BOHN, difficultés, exercice, langage | 4 Commentaires

Un texte diffusé sur internet traduit bien des choses… Le niveau général du site, une qualité d’écriture et de pensée : cette « qualité première » est le visage qu’offre un portail d’entreprise ou un blog personnel.
Elle révèle une humeur, une ambiance générale qui n’est pas souvent formulée en mots, sauf à l’occasion d’audit approfondi de la communication interne.

Vous trouverez donc ici Dix règles simples pour améliorer son blog
Cette qualité première peut s’affiner, s’élever par divers aspects :
- navigation dans le site
- graphisme
- nature de l’offre proposée
- écriture. C’est évidemment sur ce point que s’appliquent mes cours.

L’objectif est simple : supprimer toute faute de français, de style, syntaxe, typographie, ponctuation… mais aussi affiner la stratégie du discours. Etant donné la complexité du langage en mots, et la variété des lecteurs, ça vaut le coup de se gratter un peu la tête, et de réfléchir à plusieurs. Par exemple, dans un site marchand, certains termes ont une implication commerciale directe, et habituent l’internaute à l’idée d’acheter sur ce site. Cela s’appelle le registre lexical. Si l’internaute ne le comprend pas, il ira surfer ailleurs… et adieu le contact.

Voilà pourquoi j’encourage une écriture rapide, simple, rigoureuse, souriante.

Dix règles simples pour améliorer son blog

1. Titre informatif agréable
Résumer l’info principale, la question dans le titre. Bon nombre ignorent cette évidence. Il faut attirer le lecteur, sans donner dans le registre aguicheur « blonde à forte poitrine ». On peut également rendre une info sexy en soignant la titraille. De l’émotion, de l’humain, du concret.
2. Une photo que diable !
Les lois de lecture sont les mêmes en photographie qu’à l’écrit. Si la photo délivre une info, grand format. Si elle décore uniquement, format modeste. Si elle est de mauvaise qualité, vignette.
3. Ecrire pertinent
Cibler la présentation de son blog aux blogueurs potentiellement intéressés, plutôt qu’à tous les blogs influents, donc débordés de propositions. Préciser en quoi son avis vous intéresse.
4. Démarche brève
Ecrire très court. Quelques lignes de mail. Vous assurez ainsi une lisibilité maxi.
5. Se faire connaître dans les blogs en participant par des posts pertinents, qui fassent avancer la réflexion. Permet d’être mieux identifié quand vous sollicitez un échange de référencement.
6. Franchise et naturel
Ben évidemment, ça plaît d’avoir une personne simple et spontanée. Croyez-vous que le plan « j’ai une idée géniale qui vous rapportera des milliards ! » vous rende crédible ? Donc, restez vous-même : Si vous simulez, le lecteur le sentira.
7. Questionner
Solliciter l’avis des lecteurs. Mais attention ! Ils ne vous doivent rien. Donc inutile d’être mécontent après un mauvais article ou un silence radio. En demandant à un bloggueur de parler de votre produit, vous vous exposez aux pires critiques. Ne pas jouer au plus malin avec un bloggueur car souvent, il a plein de copains bloggueurs fous, qui se moqueront de vous autour de la machine à café.
8. Personnaliser son écriture
Le lecteur apprécie d’être pris en considération, qu’on lui parle directement. Mais c’est pas parce qu’on a l’air sympa qu’il faut nous parler comme si on avait fait ensemble la tournée des tapins thaïlandais.
9. Offrez l’exclusivité
Un système encore privé intéresse les blogueurs avides de nouveautés exclusive pour alimenter leur blog. Donner la primeur de l’accès à votre projet aux blogueurs pertinents et leur donner la possibilité de distribuer des invitations : Ils diffuseront autour d’eux s’ils trouvent votre produit intéressant.
Dans le meilleur des cas, proposer une rencontre pour présenter le projet et rendre le billet plus vivant sous forme d’interview.
10. Offrez des cadeaux
Goodies, dessins, privilèges, blagues… Un programme d’affiliation, un forfait pour l’écriture d’un article comme le proposent les services reviewme & payperpost. Si c’est pour le lancement d’un nouveau produit, envoyer un exemplaire à vos ambassadeurs de la blogosphère.

Le 19 août 2010 par | Catégorie : langage | Aucun commentaire

Quand Miss France présente son premier journal radio sans préparation, elle commet des erreurs de débutante. La vidéo mise en ligne le 15 janvier 2010 sur dailymotion  montre ainsi Malika Ménard  à l’antenne de I-télé La radio. Elle déchiffre tant bien que mal un texte simple, mais parfois maladroit pour l’oral. Elle bute sur les mots, lit d’un ton monocorde en mangeant des syllabes, ricane après s’être trompée comme une enfant timide qui voudrait bien faire. Le constat est simple : Les techniques d’écriture et de lecture radio constituent un métier. Malika le réalise en posant son casque à la fin du flash info, et soufflant sous le coup de l’émotion.

Conseil pédagogique pour Malika : travailler la diction, le placement de voix, la posture corporelle, la concentration, et répéter inlassablement ses écritures de texte… Avec du travail, pourquoi pas ? Tout s’apprend. Sauf être jolie.

Malika Ménard présente le flash info sur I-télé La radio



Le 17 janvier 2010 par | Catégorie : comment lire, journalisme, langage | 2 Commentaires

Commençons cette introduction pédagogique en illustrant la définition du mot juste.

Caricature d'Emile Littré, ©Bibliothèque nationale de France

Monsieur Littré, Émile pour les dames, appréciait particulièrement la justesse des mots. Un jour sa femme entra dans le bureau de son mari, qui se trouvait avec la bonne, en tenue lui d’Adam et elle d’Eve, occupés à faire ce que nature commande de faire en telles occasions. Sa femme, très digne, s’écria :
« Je suis surprise !
- Non, la corrigea-t-il, c’est nous qui sommes surpris. Vous êtes étonnée. »
Attribué à Littré.

Dans le même registre, la concordance des temps :

Madame Beauzée couchait avec un professeur de langue allemande. Monsieur Beauzée les surprit au (Lire la suite…)

Le 10 juin 2009 par | Catégorie : 01 BASES D'ECRITURE, difficultés, langage | 1 Commentaire

Parfois, la philosophie s’invite sans crier gare, en plein quotidien. Et, donc, même dans ce blog. La preuve: Dans un des lieux les plus sacrés de notre système social, le tribunal, se prononce quotidiennement un mensonge ridicule. Chaque témoin appelé à la barre est prié de jurer qu’il va «dire la vérité, rien que la vérité, toute la vérité». Sans rire.

La vérité sortant du puits, et toute nue cest plus joli

La Vérité sortant du puits. Peinture d'Edouard Debat-Ponsan, musée de l'Hôtel de ville d'Amboise ©Ville d’Amboise

«Dire la vérité…» Cette formule est un mensonge. J’ai tendance à répondre comme Ponce Pilate : Qu’est-ce que la vérité? Notez que le livre (la Bible) qui relate cet échange avec Yeshua (en français, Jésus) ne donne pas la réponse de ce juif traduit en justice pour blasphème. En même temps, on n’allait pas demander un ouvrage de philo à l’auteur de cette compil’ biblique, l’empereur Constantin le Grand, au premier concile de Nicée, qui a fait des choses pas jolies jolies avec les dogmes et les enseignements. Grand par ses magouilles politiques, le Constantin, c’est sûr. Mais philosophe, on peut en douter. Nos politiques actuels n’avaient rien à envier à leurs modèles antiques. C’est ballot, la réponse du Nazaréen m’aurait intéressé. En philo, on entend souvent cette définition: La vérité est une relation fidèle de la réalité. Vous comprenez que le petit héraut du journalisme se balade tout près…

Bref, revenons à notre formule judiciaire. «Dire toute la vérité…» Je vous vois d’ici glousser en vous trémoussant devant le ridicule de cette prétention. Qui saurait dire toute la vérité? Allons, quelle que soit l’affaire, chacun l’observe de son point de vue. J’aime schématiser la vérité en forme de sphère, dont chacun connaîtrait un point. Un peu comme notre regard sur Terre avant de voyager.

Il me semble que la formule judiciaire serait plus juste, et moins ridicule, sous la forme suivante:

Je jure de dire honnêtement et sans travestir mon souvenir toute information dont j’ai connaissance sur l’affaire. Ca sera déjà pas mal, et je ne vais pas me la péter en prétendant connaître la Vérité.

Et c’est là que se pose la question suivante (les questions avec moi, ça n’arrête pas, vous êtes prévenus): c’est quoi, une information?

Là, on tombe dans les questions de journalisme essentiel, pile poil ce que j’enseigne. Le juridisme a beau être un art et un jargon professionnel,  il gagne parfois à écouter les humbles petits métiers qui le fréquentent et aiment également la rigueur du mot juste.

Le 25 mai 2009 par Martin | Catégorie : 03 ECRITURE AFFINEE, décryptage, langage, sensible | Aucun commentaire