[A toutes les futures mamans]

Tu es enceinte, ton corps est un temple. Il s’y échange les plus belles paroles, les plus belles confidences avec la Vie. En ce temple s’écrit le plus beau texte que nous puissions connaître. Dans leur langage, les scientifiques l’appellent le code génétique, un ensemble de signaux chimiques qui composent le petit être en ton ventre. Ce texte dicte la couleur de ses yeux, de ses cheveux, son sexe, son tempérament, ses forces et toutes les formes que prendra son corps dans le temps.

Mais je veux surtout te parler de toi, mère. Tu es un temple par le mystère de la vie, en ce sens que les pensées les plus sacrées circulent en toi. Des élans d’amour sans fin, mélangés de peurs atroces que tu peines à avouer. Eh oui, la vie se joue pleinement en ton corps et en ton cœur, elle n’a pas de limite. Ces émotions immenses te submergent donc. La vie qui germe en ton sein est baignée par un océan agité.

Ainsi, le temple reçoit les plus sacrées des pensées, et les confessions les plus dures. Qu’importe au fond d’être ainsi traversée par ces vagues d’émotion ? Ce qui compte, c’est que le temple tienne. Et pour l’aider à tenir, un pilier fondamental s’appelle la confiance. Justement, elle manque aux mamans. Cette confiance est balayée par les peurs. Je vais te dire ce que signifie la peur d’être mère. Elle est, en creux, l’empreinte sublime de la forme inscrite dans le cœur des femmes, qui les pousse à prendre le plus grand soin du petit être fragile qui pousse en elles. Elle est la conscience donnée aux mères que ce petit être a besoin d’une immense attention car sa vie ressemble à un champ d’hypothèses. Mais les mères pensent trop à la mort, car elles simplifient cette conscience à la dimension de la peur. Elle ne prennent pas le temps de repousser la peur pour regarder pleinement la conscience de tout ce qu’implique l’accueil de l’être qui vient. C’est ici le rôle du père, d’aider la mère à prendre du recul, et regarder de plus haut ce qui descend en ce temple.

Il faut pour cela la force masculine qui pondère la sensibilité féminine. Deux arches du pont.

Le temple tient par plusieurs piliers. L’autre pilier est le repos. Celui du corps est assez simple à concevoir. Mais celui de l’esprit est trop ignoré. L’esprit qui se repose ne forme plus d’hypothèse. Il ne pense plus. Il est à l’état du muscle qui se relâche et n’envisage pas d’effort avant le réveil. C’est la méditation, l’abandon total, l’eau calme d’un lac.

Dans le temple, parce que la vie y est portée à son paroxysme, on fait silence. On prie. Sois la plus belle des prières pour celle que la vie te demande d’être ! La vie te demande d’être heureuse, parce que c’est bon pour l’enfant. La vie t’offre du bonheur, ce n’est pas par hasard. Prends ce cadeau, il est pour toi, pour toi seule ! Tu le mérites donc. Ne déçois pas la vie, ne crois pas que tu ne mérites pas, ne t’afflige pas de peurs inutiles ou de pensées polluantes. La vie ne demande pas que tu salisses le cadeau qu’elle te fait. Alors tranquillement, en regardant pousser cette graine en ton jardin, savoure le soleil intérieur qui grandit, regarde l’amour que tu portes à cet être et laisse-toi bercer par la douceur du vent des pensées douces que t’apporte la maternité. Voilà la prière la plus sacrée dont tu es le temple, et que la vie aime entendre résonner en ton cœur.

Au nom de la vie qui s’écrit en toi, la lignée des humains peut te dire « merci ! ».

Martin

Le 25 juin 2014 par Martin | Catégorie : 05 FORMATION, 08 Martin BOHN, écriture thérapeutique, enfants, langage, sensible | Aucun commentaire

Il a fallu un Britannique pour me faire réaliser la difficulté de lire les nombres en français. Savoureuse prise de conscience, grâce au recul que nous offre l’étranger sur notre langue. Notons également sa bonne pédagogie. Et que le français est difficile à apprendre !
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Le 22 mars 2013 par Martin | Catégorie : 01 BASES D'ECRITURE, 07 PEDAGOGIE, difficultés, enfants, langage | Aucun commentaire

Rentrée chargée : des stages en techniques d’écriture, des demandes de formation intra et du coaching personnel : « Martin, j’aimerais écrire un livre. » Ce thème prends corps.

Les stages de techniques d’écriture reprennent avec la rentrée. Les mails se déversent dans ma boîte. L’agenda noircit. J’ai des piles de papiers à ranger. Heureuse activité d’une entreprise qui croît sans cesse.
Dans l’esprit du formateur, cette profusion créatrice peut s’éparpiller en mille directions. J’ai choisi d’orienter mon travail vers les besoins exprimés. Les demandes des stagiaires et amis.

Ainsi est née la formation de thérapie par l’écriture en outil post-traumatique. Outil puissant.

Ainsi se développe le stage pour apprivoiser la peur de la page blanche, et guérir les troubles laissés par la pédagogie de la peur. Cette horreur du stylo rouge à l’école. Un grand classique dans mes cours, depuis 13 ans. Depuis que j’ai été confronté à un rédacteur en chef de télévision piquant une colère, en hurlant qu’il ne savait « pas écrire ». Sans le savoir, il a généré cette pédagogie réparatrice. Merci à lui…

Il demeure une formation à modéliser. Comment répondre à la demande fréquente : « Dis Martin, je rêve d’écrire un livre, tu peux m’aider ? » Cela m’est confié discrètement, comme un vœu timide et rare, une envie secrète.

Comment offrir mon potentiel à ce qui semble une demande à tiroirs ? Jacques Brel disait : « Je connais un million de personnes qui veulent écrire un livre. » Vaste potentiel…  Mais j’ai l’impression qu’il peut se trouver, dans ce nuage d’envies, une voie de travail, de cours d’écriture. Voie d’éveil à l’art de conter son imaginaire. Nous retournons ainsi, sous une apparence sérieuse, au plaisir de l’enfant qui saisit un feutre et s’épanouit sur une immense feuille de papier. Sans honte, concentré dans son plaisir, il joue librement. Devenu grand, il crée. Sauf si un adulte assassin lui a instillé l’idée que « ça n’est pas joli, ça n’est pas comme ça… Non, ça n’est pas ». L’enfant croit tout. Puis il grandit autour de cette blessure cristallisée. Trahison de son potentiel. J’observe cette séquelle chez un stagiaire sur deux.

La création est un art raffiné, fragile. Ces aveux réguliers me témoignent d’une confiance touchante. Je l’accueille avec joie, posée sur ma table, comme une fée.

Le 5 septembre 2010 par | Catégorie : 07 PEDAGOGIE, 08 Martin BOHN, ambiance, écriture thérapeutique, enfants, formation, Journal de bord, carnet de voyage | 2 Commentaires