Par M.B.
Dans son apprentissage, l’écrivain cherche une maîtrise que la vie offre à prix élevé.

La plume sert votre pensée, silencieuse encore, mais avec une envie de parler : La page blanche vous attire. C’est le premier signe. L’envie. Un message frappe à la porte pour sortir.
Puis l’idée se forme, comme une fréquence qui résonne lentement, une vapeur dans le crâne, une nouvelle vibration cherchant ses mots, ses odeurs, son corps pour s’exprimer.
L’idée se compacte et descend, de l’intelligence qui la capte à la bouche qui l’articule. Le mot s’élance, cerne la forme, dessine ce corps que le mental connaît. Le mot sculpte, dans l’espace invisible, par les vibrations du son, ce que l’esprit distingue. La parole s’élève dans l’air au rang de l’idée qu’elle transmet. Parole habile, idée fine : haute résonance. Parole lourde, idée sale : basse fréquence. La plume a coulé. Le mot est transmis, codé. Le message est prêt. L’esprit a capté, il se repose enfin.
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Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d’entre nous contemplent les étoiles.
Oscar Wilde

 

Le 2 février 2017 par Martin | Catégorie : 03 ECRITURE AFFINEE, 05 FORMATION, blocage d'écriture, langage, littéraire, peur de la page blanche, poésie, sensible | 2 Commentaires

Retour de stage pour un organisme touristique – regard du formateur – style trop littéraire – blocage d’écriture

mise à jour le 22 janvier 2013, par M.B.
Quand je dis que mes stagiaires m’apprennent beaucoup… Cette phrase m’a stupéfait et ouvert les yeux sur un aspect de la pédagogie dont je n’avais pas conscience : « Ton style littéraire m’avait fait peur. Je n’ai pas ce niveau. » En lisant quelques papiers sur mon blog, les futurs « élèves », professionnels du tourisme, avaient déduit qu’ils seraient livrés à « un expert difficile à suivre ».

Ils furent vite rassurés : je peux parler comme tout le monde, et l’ambiance fut un régal. Mais je garde cette réaction en mémoire. Voilà qui nous renvoie aux blocages d’écriture : Un adulte peut stresser si on lui impose un style qui l’a traumatisé. L’effet de résonance d’une douleur ancienne…

Dénouer les peurs et blocages d’écriture occupe une large part de mes stages désormais. J’explique les origines et moyens de se dégager de ces petits pièges psychologiques qui peuvent paralyser devant une copie blanche. Et chaque fois, les stagiaires me disent avec quel plaisir ils se sont sentis libérés de la crainte d’écrire. Former, c’est donner les clés.

Le 24 septembre 2012 par marieM | Catégorie : 08 Martin BOHN, blocage d'écriture, peur de la page blanche | Aucun commentaire