Quand un texte professionnel comporte des fautes de français, certains lecteurs le remarquent. Selon le type de faute, elle sera plus ou moins visible. Sur l’exemple du beau site de motos italiennes Ducati, c’est flagrant et franchement regrettable. D’autant que la marque fait dans le haut de gamme sportif, la moto de passionnés, plutôt luxueuses.

Mais là, Ducati fait très fort sur son site.
« ADJOINTER UNE MOTOS » (sic), propose le comparateur de modèles, tout en spécifiant ensuite un « chassis » en rouge, sans chapeau chinois. Le soleil a tapé trop fort à Bologne. ![]()
Le problème n’est pas une étourderie de webmestre ou de relecture dans l’agence web. C’est le niveau général d’écriture du site, indigne d’une marque haut de gamme par la qualité et le prix de ses produits. Pour les néophytes, Ducati est à la moto ce qu’est Ferrari à l’automobile.
par Thierry MEME, journaliste à l’Echo républicain
L’explosion des technologies multimédias bouscule les comportements de lecture et d’écriture. Martin Bohn, alchimiste de la plume et de la souris, distille ses recettes.
(Lire la suite…)
Vous souhaitez reproduire une des mes œuvres ? Voici la marche à suivre.
Lorsque je diffuse un texte, un dessin ou une photo sur mon site internet, se pose automatiquement la question du droit d’auteur. Chaque internaute peut me piquer le travail diffusé sans payer un sou. En langage juridique, nous dirons qu’il tire profit sans contrepartie de mon “œuvre de l’esprit”. Eh bien le dessinateur Martin Vidberg propose une démarche exemplaire sur son blog de « l’actu en patates ». Nous avons au plan juridique la même démarche. A quoi il ajoute d’autres qualités : un talent graphique qui a la frite, un humour certain et un chouette prénom. Voici donc ce que je peux répondre aux questions que vous me poserez par email pour reproduire une œuvre du site (texte, photo ou dessin) :
Les œuvres sur ce site sont visibles gratuitement mais ne sont pas pour autant libres de droits.
Je fais néanmoins quelques distinctions à cette règle générale :Pour une école : Vous voulez utiliser un de mes textes en classe ? J’autorise gratuitement la reproduction de mes œuvres pour un usage pédagogique. J’apprécie un compte-rendu ensuite de la démarche et de l’intérêt pédagogique, ainsi que des réactions des enfants. Comme j’aime les enfants et la pédagogie, ce type de demandes me fait grand plaisir. Considérez mon accord pour acquis. Sauf si vous enseignez à HEC, veuillez m’adresser au préalable le contact de votre chef comptable ou le modèle Aston Martin proposé.
Pour un particulier : Vous êtes libre de reproduire ou d’imprimer mes œuvres pour un usage personnel. J’apprécie l’usage des monnaies libres ou les bonnes confitures. Attention : la diffusion sur internet d’une œuvre n’est pas un usage personnel (voir ci-dessous).
Pour un site internet, un blog, un forum : Je ne vois pas d’objection à ce que vous reproduisiez une de mes œuvres sur votre site amateur non engagé politiquement ni idéologiquement, à condition que mon nom et 2mots soient mentionnés.
Néanmoins, cette autorisation ponctuelle ne remplace pas la règle générale : mes œuvres ne sont pas libres de droits. L’utilisation régulière de mes œuvres sur tout site internet est interdite. De même, l’utilisation gratuite sur un site commercial, professionnel ou lucratif est interdite. En cas de doute, demandez-moi par mail.
Pour une publication : si vous souhaitez imprimer un texte, merci de me contacter. Il m’arrive exceptionnellement d’accepter une reproduction gratuite pour certaines associations en fonction de la publication. Habituellement, c’est rémunéré.
Ton d’écriture : Familière et ironique
Ce titre est un test, vous l’aurez deviné. Il conduit d’ailleurs à parler d’honnêteté à la fin du texte. Il me permet au départ d’observer quelques modifications statistiques de fréquentation sur mon site. Naturellement, titrer sans lien avec le sujet annoncé par mots-clés apporte des visiteurs morts. Ils ne restent pas une seconde. Mais cela infléchit le nombre de visites exclusivement liées à ce référencement de crapule [kYapyl]. D’ailleurs, voilà un mot beaucoup plus intéressant. Crapule est un nom féminin apparu au début du XIVe siècle, c’est vous dire si c’est vieux, issu de cette pochetronnerie d’expression latine crapula , désignant « l’ivresse ».
(Lire la suite…)
Cette magnifique campagne de prévention routière britannique illustre la puissance de la vidéo. Dans la gestion des émotions, le jeu des acteurs, et toute la dimension du discours en suspens. Elle illustre la complémentarité intime de l’écriture textuelle, pour le référencement notamment, et de la vidéo sur internet. Mais surtout, elle touche par la simplicité du message où priment les deux dimensions qui manquent dans les communications professionnelles : le corps et le cœur. Quel texte vous provoque autant d’émotion en moins de deux minutes ?
Cette campagne « embrassez la vie, mettez votre ceinture de sécurité » connaît un joli succès internet depuis sa diffusion le 29 janvier 2010.
Pour convertir les jeunes à l’étude de la langue française, l’humour reste un bon moyen. « C’est pas ce que vous croivez », un film « bientôt voyable au cinéma, avec plus de 500 fautes de conjugaison en deux heures ».
Qu’en disez-vous? Et si vous croivez que c’est pour golri, que nenni, souffrez cette petite flânerie… Chers amis amoureux de la langue française et collègues pédagogues, vous avez du choix sur facebook. Observons la population kikoolol qui s’insurge Contre les meufs qui croivent que les leggings sont des pantalons ou Contre les meufs qui se croivent Fraiche ! ou encore contre les meufs ki se croivent belle mais qui sont des boudins. Certes, les meuf kisicroiv n’ont pas le monopole. On peut aussi lutter Contre les surveillants qui se croivent supérieurs, ou Contre les mecs qui ce croivent indispensable. Avec tout ça, les jeunes ont énervé Babette, qui en a Marre de ceux qui disent : » ils voyient « , « ils croivent » !
Pourtant, certains jouent les incurables, c’est incroivable. A en perdre la foi. Si vous voulez qu’on les lapide à coups de Bescherelle, taP 1.
Je pose la question à chaque stage: «Vous rédigez pour qui ? Pour le web, ou pour les lecteurs?» Question de rigueur. Marque de respect envers la langue française, mais aussi envers sa propre parole. Chaque mot prend son sens.
Est-ce que vous parlez POUR le téléphone? Évidemment, non. Aussi bien, nous rédigeons SUR le web. Chaque stage intitulé « Rédiger pour le web » comporte une faute naïve, marque d’inattention.
Combien de temps passe l’internaute sur ma page web? La question se pose à tout éditeur de site internet. J’ai eu l’opportunité d’observer cela en animant un stage: j’utilise 2mots pour réaliser des exercices en pages cachées. Mes stagiaires découvraient donc le site. Ils m’ont servi d’informateurs en posant des questions parfois naïves à mes yeux, mais en réalité cohérentes: la navigation dans un site doit être naturelle et facile. J’ai constaté des points à améliorer. Quand l’internaute demande: « C’est où? », la navigation doit être réexaminée…
J’avais notamment comme stagiaire un internaute pressé. Le prototype de l’impatient. Celui qui veut tout, immédiatement. Et débutant sur internet. Résultat, il ne lit pas les explications à l’écran… J’ai eu tendance au départ à penser qu’il abusait, puisque c’était écrit sous ses yeux. Pour réaliser que, finalement, nous faisons tous comme lui. Plus ou moins.
Son temps de lecture de mes pages était réduit au strict minimum. Il appliquait exactement la trinité fondamentale que j’enseigne pour réussir un site internet. En ajoutant une donnée: la rapidité.

Moralité: pour mesurer le temps de lecture d’une page web, sélectionnez votre internaute le plus énervé…
Les instants de bonheur où je traduis un talent, c’est en captant dans l’air une histoire qui flotte. Elle attend d’être attrapée par l’esprit et couchée sur le papier.
Par Martin BOHN pour Neotourisme. Ce texte illustre le stage : Apprendre à écrire un journal de bord, rédiger son carnet de voyage.
Le plaisir de voyager réside en la rencontre. S’immerger dans une culture étrangère, approcher des territoires de pensée nouvelle, échanger avec un peuple inconnu… Alors, l’espace d’un dialogue, d’un danger ou d’un accueil bienveillant, expérimenter une amitié neuve.

Chamelier dans le Wadi Rum, Jordanie ©Martin BOHN
Voyager signifie marcher en terre inconnue, découvrir de nouvelles sensations, épreuves et plaisirs inédits. Vivre pleinement la nouveauté, regard écarquillé, cœur à l’affût. Se retrouver quasi muet dans une langue aux sons étranges et, par la magie des ressources humaines, trouver d’instinct son langage primitif et puissant : parler en gestes, plonger dans les yeux de l’autre avec une acuité vive. S’enrichir d’un vocabulaire neuf, constater que l’on s’adapte sans limite, expérimenter sa puissance partout et oser confronter sa conscience à celle d’un peuple aux mœurs bâties sur d’autres lois.
Cette rencontre augmente le pouvoir du voyageur. Il est rassuré par sa propre résistance et les aides que la providence lui apporte. “On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait”, notait justement l’écrivain-voyageur Nicolas Bouvier (L’usage du monde).
Ici, l’âme du néo-touriste touche aux racines de la rencontre. Se provoquer soi-même en cherchant la différence, observer comment, sans repère, s’invente une solution. Et ouvrir grand les sens à ce qui fait l’aventure, libre des pollutions commerciales organisées, lavée de tout artifice, offerte aux surprises quotidiennes quand le rythme et l’esprit du voyageur s’accordent au sol qu’il parcourt. En marchant sur une terre inconnue, le voyageur creuse la connaissance de soi.