Retour de stage pour un organisme touristique – regard du formateur – style trop littéraire – blocage d’écriture

mise à jour le 22 janvier 2013, par M.B.
Quand je dis que mes stagiaires m’apprennent beaucoup… Cette phrase m’a stupéfait et ouvert les yeux sur un aspect de la pédagogie dont je n’avais pas conscience : « Ton style littéraire m’avait fait peur. Je n’ai pas ce niveau. » En lisant quelques papiers sur mon blog, les futurs « élèves », professionnels du tourisme, avaient déduit qu’ils seraient livrés à « un expert difficile à suivre ».

Ils furent vite rassurés : je peux parler comme tout le monde, et l’ambiance fut un régal. Mais je garde cette réaction en mémoire. Voilà qui nous renvoie aux blocages d’écriture : Un adulte peut stresser si on lui impose un style qui l’a traumatisé. L’effet de résonance d’une douleur ancienne…

Dénouer les peurs et blocages d’écriture occupe une large part de mes stages désormais. J’explique les origines et moyens de se dégager de ces petits pièges psychologiques qui peuvent paralyser devant une copie blanche. Et chaque fois, les stagiaires me disent avec quel plaisir ils se sont sentis libérés de la crainte d’écrire. Former, c’est donner les clés.

Le 24 septembre 2012 par marieM | Catégorie : 08 Martin BOHN, blocage d'écriture, formation, peur de la page blanche | Aucun commentaire

Texte symbolique après un stage de mediatraining. Mes stagiaires enrichissaient leurs techniques pour prendre la parole en public. Les faire travailler sur le souffle et la voix m’a donné envie de rédiger une partie de ce que j’enseigne à l’oral.

 

Le souffle en nous produit la vie. Enserré, il n’est pas. Il fuit. Air étranglé, gorge serrée, mot vidé. La parole se plaît dans l’atmosphère, qu’elle ne manque pas d’air !

Prendre son souffle précède la parole. Prendre la voix qui inspire en soi. L’expir formulé, le mot soufflé forme le verbe. Sorti du corps, sorti du cœur, il frappe d’autre corps, d’autres cœurs. Rien en nous ne naît en vain. Mais nous sommes souvent assassins de mots, d’esprit, de vie.

Quand la vie enfle en mon ventre, inspir. Si je la retiens, elle expire. Le souffle ne sait où il part. Cet inconnu peut flétrir son aile, son envol, sa route. Sans air qui le porte, oiseau échoué, le verbe disparaît. Noyé sous le flot du temps silencieux. Une vague suivante, l’émotion reparaît plus rude, plus forte. Pour la faire taire, il faudra davantage forcer l’air. Serrer la gorge, les dents, les poings et se terrer sous la crainte de vivre, de lâcher l’émotion à l’inconnu.

Alors, il faudrait me dire : « En avant ! » Marcher sans crainte dans cette énergie que rien ne retient. Le grain germé ne repart jamais en arrière. Le germe sort de terre et prend l’air, mais ne dit mot. Seul l’humain le peut. Seul l’humain forme son verbe et crée, ou laisse mourir en lui sa vie. L’oiseau chante, le chien aboie, l’humain parle. Spécifique pouvoir qu’il a retourné contre lui-même. Comme est grande l’énergie de mort que l’humain place en sa bouche ! Il l’appelle mensonge, sans aller voir plus loin cette peur incalculable, calculée par d’autres pour lui tenir la gorge.

Mais le mot se forme en profondeur. Dans les souterrains de l’âme, aux tréfonds du corps. Fécond, il germe et grandit. Quand passe un trait de lumière, de vie, il croît. Quand rôde l’ombre pestilentielle du mensonge, il se recroqueville et dépérit. Le verbe est une éponge. Il absorbe tout. Il traduit. La voix transmet. Quand je cache, elle trahit. Quand je pleure, elle tremble. Quand je chante, elle resplendit. La voix rayonne dans le rire et bâtit les bonheurs du monde. Dans un corps meurtri, la voix juste encore résiste comme un arbre fouetté par le vent marin, forte et sublime. Elle témoigne de l’âme portée par le corps. Épurée par les souffrances mais enracinée dans le monde, fidèle à la Terre qui la nourrit. Elle transmet jusqu’au bout la vie.
Martin BOHN

Le 19 juin 2012 par Martin | Catégorie : 02 ECRITURE PRO, 05 FORMATION, convaincre, formation, langage, mediatraining, prise de parole en public, sensible | Aucun commentaire

Par Martin BOHN

Quinze ans pour oser publier ce texte. Mon éthique est en ligne. En 2mots : plus humain.

C’est fait. J’ai osé publier l’éthique de mon travail pour la première fois depuis 15 ans. Curieusement, cette dimension supérieure de mes formations m’inspirait la pudeur. Je n’osais pas aborder spontanément ces principes qui structurent ma carrière. Pas à l’écrit. Pas sur internet. Osons le mot, j’avais peur.

Et le déclic s’est produit soudain. Comme un fruit mûr prêt à tomber, j’ai rédigé d’une traite, relu, corrigé, relu mille fois, fait relire. Bref, en 24 heures, la page était en ligne.

Pourquoi je n’osais pas en parler plus tôt ? Quelles craintes retenaient ma plume, moi qui enseigne justement à la libérer ? Je craignais d’être jugé sur l’intime, domaine éminemment sensible. La crainte de voir sali le domaine le plus pur de mon travail, celui des valeurs. Champ de neige immaculé.

Publier cette éthique a une fonction : personnaliser mon site, humaniser la relation avec le stagiaire et finalement, pratiquer ce que je conseille en stage. Nous avons besoin de réchauffer ce média froid, le web n’est pas assez humain.

Alors je me suis mis à nu dans cette approche. Au moment de cliquer sur le bouton « publier », mon cœur tapait. J’ai ouvert les rideaux sur mon espace intérieur. Puis les commentaires des proches m’ont encouragé. Allez savoir, c’est peut-être le premier texte d’une longue liste.

Le 13 avril 2012 par Martin | Catégorie : 03 ECRITURE AFFINEE, 05 FORMATION, 07 PEDAGOGIE, décryptage, écrire sur internet, formation | Aucun commentaire

Mon carnet de voyage en Jordanie, posé sur la table en bois, à la lumière chaude d'une lampe de bureau. Un stylo métal, un pot d'encre. ©2mots.frComment un stage d’écriture prend vie ? L’ingénierie pédagogique au quotidien : Très longue gestation.

Quand je mets en ligne un stage d’écriture, c’est une naissance après une très longue attente. Un stage possède sa propre histoire de vie. Il est conçu, vient au monde, mûrit et meurt. Voici comment.

 Conception pédagogique

« Dis Martin, comment faire pour améliorer mon style d’écriture ? Tu me conseilles quoi lorsqu’on a peur de la page blanche ? J’aimerais un avis pour écrire un livre… »
La question d’un stagiaire plante en mon cerveau la première graine. Terre meuble et curieuse, le mental s’en empare avec la gourmandise qu’inspire un mystère. Les questions s’enchaînent en secret, l’enquête commence.
Pourquoi cet adulte exprime un besoin si puéril ? Comment débloquer sa faculté rédactionnelle ? Le style, c’est quoi ? Où trouver, dans le quotidien, des exemples répondant à sa quête d’écrivain en herbe ? Quelles études proposent les spécialistes ? Dans mon expérience d’écrivain, quelles anecdotes démineront ses peurs ?

Car former, c’est apporter d’abord de la confiance, avant l’apport technique. Mes collègues formateurs font ce même constat.

La question de départ germe ainsi en mon esprit. Parfois, des années : huit ans pour le stage sur le juge intérieur. Jusqu’à ce qu’une autre question similaire éveille ma curiosité, attise ma soif pédagogique, et appelle les réponses.

Alors s’enclenche une véritable gestation, la phase d’ingénierie pédagogique démarre en douceur. Je note les questions en vrac, les comportements, la mécanique intérieure. Il me faut des constats, du concret, comme un thérapeute guettant les symptômes, sondant les corps et les cœurs. Notamment en stages d’épanouissement personnel, pour exprimer l’indicible. Les  stages plus techniques, écriture journalistique ou artistique, recueillent d’abord témoignages et procédés.
Puis vient la phase test. Des cobayes volontaires m’aident à tester les exercices. Les plus efficaces sont inscrits dans le déroulé pédagogique, bâti en progression régulière. Alors, il n’y a plus qu’à publier le résultat. Ainsi, il vient au monde.
M.B.

Le 20 décembre 2011 par Martin | Catégorie : 04 FICHE PEDAGOGIQUE, 05 FORMATION, 07 PEDAGOGIE, 08 Martin BOHN, formation | Aucun commentaire

Rentrée chargée : des stages en techniques d’écriture, des demandes de formation intra et du coaching personnel : « Martin, j’aimerais écrire un livre. » Ce thème prends corps.

Les stages de techniques d’écriture reprennent avec la rentrée. Les mails se déversent dans ma boîte. L’agenda noircit. J’ai des piles de papiers à ranger. Heureuse activité d’une entreprise qui croît sans cesse.
Dans l’esprit du formateur, cette profusion créatrice peut s’éparpiller en mille directions. J’ai choisi d’orienter mon travail vers les besoins exprimés. Les demandes des stagiaires et amis.

Ainsi est née la formation de thérapie par l’écriture en outil post-traumatique. Outil puissant.

Ainsi se développe le stage pour apprivoiser la peur de la page blanche, et guérir les troubles laissés par la pédagogie de la peur. Cette horreur du stylo rouge à l’école. Un grand classique dans mes cours, depuis 13 ans. Depuis que j’ai été confronté à un rédacteur en chef de télévision piquant une colère, en hurlant qu’il ne savait « pas écrire ». Sans le savoir, il a généré cette pédagogie réparatrice. Merci à lui…

Il demeure une formation à modéliser. Comment répondre à la demande fréquente : « Dis Martin, je rêve d’écrire un livre, tu peux m’aider ? » Cela m’est confié discrètement, comme un vœu timide et rare, une envie secrète.

Comment offrir mon potentiel à ce qui semble une demande à tiroirs ? Jacques Brel disait : « Je connais un million de personnes qui veulent écrire un livre. » Vaste potentiel…  Mais j’ai l’impression qu’il peut se trouver, dans ce nuage d’envies, une voie de travail, de cours d’écriture. Voie d’éveil à l’art de conter son imaginaire. Nous retournons ainsi, sous une apparence sérieuse, au plaisir de l’enfant qui saisit un feutre et s’épanouit sur une immense feuille de papier. Sans honte, concentré dans son plaisir, il joue librement. Devenu grand, il crée. Sauf si un adulte assassin lui a instillé l’idée que « ça n’est pas joli, ça n’est pas comme ça… Non, ça n’est pas ». L’enfant croit tout. Puis il grandit autour de cette blessure cristallisée. Trahison de son potentiel. J’observe cette séquelle chez un stagiaire sur deux.

La création est un art raffiné, fragile. Ces aveux réguliers me témoignent d’une confiance touchante. Je l’accueille avec joie, posée sur ma table, comme une fée.

Le 5 septembre 2010 par | Catégorie : 07 PEDAGOGIE, 08 Martin BOHN, ambiance, écriture thérapeutique, enfants, formation, Journal de bord, carnet de voyage | 2 Commentaires

par Thierry MEME, journaliste à l’Echo républicain

L’explosion des technologies multimédias bouscule les comportements de lecture et d’écriture. Martin Bohn, alchimiste de la plume et de la souris, distille ses recettes.
(Lire la suite…)

Le 12 août 2010 par | Catégorie : 08 Martin BOHN, écrit web, formation | Aucun commentaire

Par M.B.

J’ai mis quelques années à bâtir cet  atelier d’écriture de chansons. Ayant goûté moi-même au genre, j’ai pu en saisir la richesse et la complexité. Et surtout l’envie d’améliorer la qualité des textes que j’entends en musique… Souvent, il me déçoivent par leurs lacunes. Je songe alors : « C’est dommage, une petite réécriture et le texte devenait magnifique ! » La porte est maintenant ouverte, pour transmettre mes outils et créer des textes de chansons encore plus beaux.
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Le 6 août 2010 par | Catégorie : formation, littéraire, poésie, sensible | 1 Commentaire