Vous allez rire, je crois.

Voici des extraits de réponses que m’ont envoyé des professionnels de l’écriture, sur Internet. Vous savez, ces personnes dont l’expertise est devrait être de maîtriser la langue française, la syntaxe, la typographie, le style, la hiérarchie de l’information et même, soyons fous, une certaine créativité littéraire. Oui, ben pas du tout mon coco, c’est la berezina, la chouma sur toi, la débandade. Jugez plutôt.

Un bon point

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Le 31 janvier 2013 par marieM | Catégorie : convaincre, écrit web, réécrire | 3 Commentaires

Texte symbolique après un stage de mediatraining. Mes stagiaires enrichissaient leurs techniques pour prendre la parole en public. Les faire travailler sur le souffle et la voix m’a donné envie de rédiger une partie de ce que j’enseigne à l’oral.

 

Le souffle en nous produit la vie. Enserré, il n’est pas. Il fuit. Air étranglé, gorge serrée, mot vidé. La parole se plaît dans l’atmosphère, qu’elle ne manque pas d’air !

Prendre son souffle précède la parole. Prendre la voix qui inspire en soi. L’expir formulé, le mot soufflé forme le verbe. Sorti du corps, sorti du cœur, il frappe d’autre corps, d’autres cœurs. Rien en nous ne naît en vain. Mais nous sommes souvent assassins de mots, d’esprit, de vie.

Quand la vie enfle en mon ventre, inspir. Si je la retiens, elle expire. Le souffle ne sait où il part. Cet inconnu peut flétrir son aile, son envol, sa route. Sans air qui le porte, oiseau échoué, le verbe disparaît. Noyé sous le flot du temps silencieux. Une vague suivante, l’émotion reparaît plus rude, plus forte. Pour la faire taire, il faudra davantage forcer l’air. Serrer la gorge, les dents, les poings et se terrer sous la crainte de vivre, de lâcher l’émotion à l’inconnu.

Alors, il faudrait me dire : « En avant ! » Marcher sans crainte dans cette énergie que rien ne retient. Le grain germé ne repart jamais en arrière. Le germe sort de terre et prend l’air, mais ne dit mot. Seul l’humain le peut. Seul l’humain forme son verbe et crée, ou laisse mourir en lui sa vie. L’oiseau chante, le chien aboie, l’humain parle. Spécifique pouvoir qu’il a retourné contre lui-même. Comme est grande l’énergie de mort que l’humain place en sa bouche ! Il l’appelle mensonge, sans aller voir plus loin cette peur incalculable, calculée par d’autres pour lui tenir la gorge.

Mais le mot se forme en profondeur. Dans les souterrains de l’âme, aux tréfonds du corps. Fécond, il germe et grandit. Quand passe un trait de lumière, de vie, il croît. Quand rôde l’ombre pestilentielle du mensonge, il se recroqueville et dépérit. Le verbe est une éponge. Il absorbe tout. Il traduit. La voix transmet. Quand je cache, elle trahit. Quand je pleure, elle tremble. Quand je chante, elle resplendit. La voix rayonne dans le rire et bâtit les bonheurs du monde. Dans un corps meurtri, la voix juste encore résiste comme un arbre fouetté par le vent marin, forte et sublime. Elle témoigne de l’âme portée par le corps. Épurée par les souffrances mais enracinée dans le monde, fidèle à la Terre qui la nourrit. Elle transmet jusqu’au bout la vie.
Martin BOHN

Le 19 juin 2012 par Martin | Catégorie : 02 ECRITURE PRO, 05 FORMATION, convaincre, formation, langage, mediatraining, prise de parole en public, sensible | Aucun commentaire