Sur le bureau du formateur en techniques d’écriture : « Je rêve d’écrire un livre, tu peux m’aider ? »

Rentrée chargée : des stages en techniques d’écriture, des demandes de formation intra et du coaching personnel : « Martin, j’aimerais écrire un livre. » Ce thème prends corps.

Les stages de techniques d’écriture reprennent avec la rentrée. Les mails se déversent dans ma boîte. L’agenda noircit. J’ai des piles de papiers à ranger. Heureuse activité d’une entreprise qui croît sans cesse.
Dans l’esprit du formateur, cette profusion créatrice peut s’éparpiller en mille directions. J’ai choisi d’orienter mon travail vers les besoins exprimés. Les demandes des stagiaires et amis.

Ainsi est née la formation de thérapie par l’écriture en outil post-traumatique. Outil puissant.

Ainsi se développe le stage pour apprivoiser la peur de la page blanche, et guérir les troubles laissés par la pédagogie de la peur. Cette horreur du stylo rouge à l’école. Un grand classique dans mes cours, depuis 13 ans. Depuis que j’ai été confronté à un rédacteur en chef de télévision piquant une colère, en hurlant qu’il ne savait « pas écrire ». Sans le savoir, il a généré cette pédagogie réparatrice. Merci à lui…

Il demeure une formation à modéliser. Comment répondre à la demande fréquente : « Dis Martin, je rêve d’écrire un livre, tu peux m’aider ? » Cela m’est confié discrètement, comme un vœu timide et rare, une envie secrète.

Comment offrir mon potentiel à ce qui semble une demande à tiroirs ? Jacques Brel disait : « Je connais un million de personnes qui veulent écrire un livre. » Vaste potentiel…  Mais j’ai l’impression qu’il peut se trouver, dans ce nuage d’envies, une voie de travail, de cours d’écriture. Voie d’éveil à l’art de conter son imaginaire. Nous retournons ainsi, sous une apparence sérieuse, au plaisir de l’enfant qui saisit un feutre et s’épanouit sur une immense feuille de papier. Sans honte, concentré dans son plaisir, il joue librement. Devenu grand, il crée. Sauf si un adulte assassin lui a instillé l’idée que « ça n’est pas joli, ça n’est pas comme ça… Non, ça n’est pas ». L’enfant croit tout. Puis il grandit autour de cette blessure cristallisée. Trahison de son potentiel. J’observe cette séquelle chez un stagiaire sur deux.

La création est un art raffiné, fragile. Ces aveux réguliers me témoignent d’une confiance touchante. Je l’accueille avec joie, posée sur ma table, comme une fée.

Le 5 septembre 2010 par Martin | Catégorie : 07 PEDAGOGIE, 08 Martin BOHN, ambiance, écriture thérapeutique, enfants, formation, Journal de bord, carnet de voyage | 2 Commentaires

2 Commentaires


karine
le 09/09/2011 à 22:26 

Bonjour martin,

ton mail me fait naviguer sur les traces que tu laisses sur la toile
je vais a la rubrique « enfance » & je pense a mon fils qui a l’écrit place mal son majeur sur un stylo

bonne nuit

karine

le 10/09/2011 à 12:15 

Karine,
Comme il a raison, ton fils, de faire à sa façon ! Juste l’expression majeur « mal placé » sur le stylo me laisse perplexe. Au nom de quel principe éducatif d’Etat ? Quel adulte pourrait obliger l’enfant à ne pas prendre le stylo comme il l’entend, à ce moment précis de sa croissance ?
La préhension est un apprentissage constant du mouvement, de la conscience de son corps. Chaque enfant navigue à son rythme dans les prises de conscience de soi, du geste, de l’objet.

Notre rôle adulte est de montrer, proposer, accompagner l’enfant. Afin qu’il puisse expérimenter par lui-même en confiance. Donc sans le danger d’être grondé, peur tétanisante, mais qui emplit mes stages d’adultes traumatisés.


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