En quoi consistent les techniques d’écriture ? Texte rédigé pour créer la fiche wikipédia en 2007. Depuis lors, la fiche wiki a été largement modifiée par les usagers, sans la rigueur initiale.
Page mise à jour le 6 janvier 2017.

Les techniques d’écriture, inspirées des cours de journalisme, rapprochent un texte de son objectif : informer, distraire, vendre, partager, etc. Variées et inconscientes pour nombre de rédacteurs, elles évoluent par l’usage et l’expérience des métiers de communication : Écrivain, journaliste, communicant, publicitaire, porte-parole…
Ces techniques professionnelles intéressent ainsi toutes les catégories littéraires, dans la mesure où l’auteur recherche une efficacité.
Elles peuvent être rangées en quatre catégories.

1- Le journalisme a codé les techniques modernes

Par nature, les règles d’écriture journalistique visent à informer. L’objectif déontologique de ce genre demeure donc l’idéal de vérité. Ce qui ordonne les règles suivantes :
- lisibilité,
- rigueur d’écriture (le mot juste, nettoyage du style, syntaxe logique, concordance des temps, précision allégorique…),
- fiabilité du récit,
- hiérarchie de l’information (l’essentiel d’abord, l’accessoire s’il reste de la place. Car trop d’information tue l’information).

Une des premières règles d’écriture journalistique consiste à concentrer l’information en un message essentiel. Il tient en une phrase informative qui répond aux “5W” anglo-saxon (who, what, where, when, how, why) soit les six questions : qui, quoi, où, quand, comment, pourquoi (QQOQCP). Ceux qui s’ingénient à ajouter « combien » n’ont pas compris qu’il est naturellement intégré dans le quoi ou le comment. Cette pédagogie est aussi simple en théorie qu’exigeante et rigoureuse à l’échelon professionnel.

Les contraintes de l’écriture journalistique : Par manque de place dans la page, l’information prioritaire est diffusée. Ce choix implique un tri et un renoncement à diffuser les éléments accessoires. Il obéit aux règles de hiérarchie de l’information, parmi lesquelles le paramètre d’intérêt pour le lecteur (loi du mort/kilomètre ou de proximité) et partant, le chiffre des ventes. Enfin, la mise en forme de cette écriture vise à offrir une lecture rapide et agréable.

2- L’origine des techniques dans la littérature

De son côté, la littérature utilise, depuis la naissance du langage écrit, ses techniques narratives dans le profane ou le sacré :
- beauté du style,
- instrumentation du suspense,
- imagination et fantaisie des personnages et situations,
- utilisation de registre lexicaux cohérents, variés, contrastés,
- codage de l’expression selon le degré d’initiation, etc.

L’objectif avéré étant de capter l’attention du lecteur par le plaisir de lire : beauté de la langue, scénario captivant, profondeur des émotions, puissance des idéologie ou croyances, etc.

L’explosion du marché littéraire témoigne de la floraison des intérêts pour le genre, et de l’espace offert à tous les auteurs qui souhaitent inventer ou expérimenter de nouveaux procédés d’écriture. En ce sens, la bande dessinée rappelle l’origine de l’écriture, et procède d’une manière qui rappelle immanquablement les scribes d’Égypte et les lithogravures préhistoriques.

3- Le savoir-faire des diffuseurs traditionnels

Si leurs compétences sortent des strictes techniques rédactionnelles, les professionnels de la publication (éditeurs de livres et journaux, publicitaires), ont laissé une marque de leur savoir-faire dans l’écriture, notamment par l’adoption de règles typographiques, mais aussi par leur habileté à présenter le texte selon une mise en page et un graphisme valorisant. Ce savoir utilise des outils de mise en page affinée comme les logiciels Indesign et Xpress.

4- Les innovations de la diffusion internet

Internet a permis l’explosion de la production écrite sous la forme de blogs propices à une écriture personnelle. Les journaux intimes sur internet emploient parfois la technique du papier d’ambiance ou du journal de bord. Ils ont vu naître des techniques propres influencées par les procédures informatiques, mais aussi par le mode de lecture sur écran. L’analyse des comportements de lecture sur la Toile tient compte de la fatigue plus grande qu’avec un livre (nerf optique, rayonnement électromagnétique, bruit, position assise), ou d’infidélité de l’internaute. Il trouve son plaisir et son intérêt à surfer d’un site à l’autre, dans une vaste concurrence des genres. Mais gagne aussi l’avantage interactif d’échanger avec l’auteur.
Martin BOHN

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Le 7 janvier 2017 par Martin | Catégorie : 01 BASES D'ECRITURE, 04 FICHE PEDAGOGIQUE, langage | 4 Commentaires

4 Commentaires


IDTIW
le 08/03/2013 à 00:50 

« L’explosion du marché littéraire témoigne de la floraison des intérêts pour le genre, et de l’espace offert à tous les auteurs qui souhaitent inventer ou expérimenter de nouveaux procédés d’écriture. »
Est-ce le point de départ d’une uchronie que vous écrivez ?

le 08/03/2013 à 12:13 

@IDTIW: Non.

Borris
le 31/07/2015 à 05:37 

Bonjour,

Vous écrivez :
« Il tient en une phrase informative qui répond aux “5W” anglo-saxon (who, what, where, when, how, why) soit les six questions : qui, quoi, où, quand, comment, pourquoi (QQOQCP).
Ceux qui s’ingénient à ajouter « combien » n’ont pas compris qu’il est naturellement intégré dans le quoi ou le comment ».

Pardonnez-moi, mais il me semble que vous faîtes un amalgame :
Les 5W sont les 5W et pas 6 (who did what, where, when, and why » (qui a fait quoi, où, quand et pourquoi ?). Cette technique de questionnement, dérivée de l’art oratoire gréco-romaine, a été employée par Roy W. Howard, alors rédacteur en chef de l’United Press International (agence de presse), pour la rédaction de dépêches. Il a volontairement écarté le How (comment) justement par souci d’efficacité et de rapidité.

Le QQOQCCP, bien qu’ayant probablement la même provenance que les 5W, est aussi une technique de questionnement analytique souvent employée pour « faire le tour d’un sujet » en s’assurant de ne rien oublier. On l’utilise souvent pour la conception de projets. Le combien apparaît clairement.

En journalisme, nous utilisons également une technique de questionnement analytique pour faire le tour d’un évènement et nous aider à rédiger nos papiers. Elle est vraisemblablement plus proche de l’hexamètre de Quintilien (la personne ; le fait ; le lieu ; les moyens ; les motifs ; la manière ; le temps). Ils correspondraient plutôt aux questions : « Qui, Quoi, Quand, Où, Pourquoi, Comment » auxquelles il faudrait ajouter une septième : « avec quels effets ou quelles conséquences ou quels résultats ? »

Quant au nombre (combien) il n’est ni affiché ni compris nécessairement dans le « quoi ». Il peut apparaître dans l’une ou l’autre des réponses associées aux questions.
Par exemple :
« Trois cambrioleurs ont dérobé plusieurs milliers d’euros deux week-end d’affilée à la Société Générale et au Crédit Agricole (2 banques). Le procédé, classique, était le même : séquestration du personnel sous la menace d’armes à feu. Aucune victime n’est heureusement à déplorer. Les malfaiteurs ont été appréhendés par la police nationale appuyé par le GIGN et (2 forces de l’ordre), hier au domicile de l’un d’entre eux. Surpris dans leur sommeil, ils n’ont pas eu le temps de faire usage de leurs armes à feu. »

De mon point de vue, ce questionnement ne représente que l’abord de l’évènement – collecte, analyse, vérification et traitement des données. Les véritables techniques d’écriture sont développées au moment de la rédaction de l’article et sont présentées sous forme de plans :
• Plan de la pyramide inversée
• Plan analytique
• Plan démonstratif
• Plan dialectique
• Plan chronologique inversé
• Plan énumératif

le 31/07/2015 à 11:13 

Merci Borris pour cette question. Vous allez voir qu’au fond, nous sommes d’accord.
Mes formations visent l’efficacité professionnelle des journalistes, d’où ma pédagogie pratique.
Je débarrasse ainsi la technique rédactionnelle de nombreuses théories scolaires, comme le plan dialectique (thèse, antithèse, synthèse) notamment, et tout ce qui brouille la pensée. D’où le soin que j’apporte à la pédagogie de l’angle journalistique.

Votre question porte sur la place du combien dans les questions fondamentales que le jargon surnomme les « 5W ». Ces six questions visent d’abord à cerner le message essentiel d’une information : Qui fait quoi, où, quand, comment, pourquoi?
Permettez que j’illustre par les exemples suivants comme peut s’intégrer le « combien? » dans les autres questions.
Qui +combien : Trois malfaiteurs arrêtés par la police

Quoi + combien : Deux voleurs ont dérobé 30 000€
Comment + combien : Un chirurgien sauve une femme après 17 heures d’opération
etc.


Mon texte n’est pas exhaustif, naturellement. L’intérêt de ces techniques est de les utiliser à sa manière. Les personnaliser, en faire des outils subjectifs, se les approprier.

J’apprécie particulièrement votre conseil sur la mission du journaliste qui devrait se poser la question : «Avec quels effets ou quelles conséquences ou quels résultats ?»
Cette mise en perspective est le cœur de l’intelligence de notre métier. Dieu vous entende ! Car la réflexion demande du temps, celui qui justement est retiré aux rédacteurs par la logique financière de la presse industrielle et bancaire.


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