Prochain stage : apprivoiser son juge intérieur

Le juge intérieur, ce diablotin, répond à plusieurs appellations. Blocage d’écriture, angoisse de la page blanche, crampe de l’écrivain, peur de la page vide… Personnalisons ce mécanisme psychologique pour mieux l’étudier. Ce juge intérieur donc, squatte les crânes de mes stagiaires. Il les paralyse, les terrifie, les éteint. Depuis des années, j’entends soupirer, se plaindre, supplier des journalistes et chargés de communication : « Martin, comment faire pour écrire dans ce cas ? Je suis bloqué. » Curieusement, je n’ai pas observé ce blocage dans les classes d’enfants où j’ai testé mes recherches pédagogiques. Mais chez les adultes… c’est en moyenne un sur deux.
Ainsi est né le stage pour apprivoiser son juge intérieur.

Le sujet vous inspire ? Vous souffrez de cette paralysie de l’imagination, de cette anesthésie de la pensée ? Vous pouvez proposer un témoignage à la lecture du public, en commentaire ci-dessous. A vos plumes, à vos idées !

Et pour illustrer la beauté d’emporter la lutte sur ses peurs, voici ce qu’en fait Mariza…

Medo (peur) chanté par la déesse du fado, Mariza

Le 13 mai 2010 par | Catégorie : 05 FORMATION, mot du jour | 5 Commentaires

5 Commentaires


Gwendoline
le 22/05/2010 à 07:24 

Injustement, nous nous laissons porter par nos jugements, quand j’entends ce mot, souvent, je fais la moue, l’humain pense au jugement dernier et juge tout au long de sa vie pour se conforter dans l’idée qu’il en a le droit. Moi-meme je juge en écrivant ces lignes. Je n’aime pas ça. L’homo-sapiens est fait de contradictions, je peurs, de jugements et d’agressivité. Je ne sais pas si ce thème me convient je l’avoue car c’est un terme que souvent je bafoue: je ne l’aime pas. J’essaye de ne pas me juger et de faire pareil avec le monde qui m’entoure, mais en des temps si délicats, ce n’est pas chose aisée. Affreux est celui qui juge, horrible est celui qui accorde de l’importance aux jugements portés… Ne te juge pas, le monde le fera pour toi. Laisse-toi guider par ta voix, non par ton juge.

le 22/05/2010 à 08:32 

J’ai toutes sortes d’astuces pour remédier à la page blanche dont on parle souvent lorsqu’on aborde l’écriture. Ces astuces m’aident à ne pas rester sur rien d’écris et cela commence pour moi par me lancer directement, sans trop réfléchir, quitte à écrire n’importe quoi. Je sais que je pourrai toujours revenir sur ce que j’ai « accouché » et donc qu’il n’y a rien d’irrémédiable. Cela m’aide à écrire, mon petit « juge » s’appelle « fonce » et je fonce :-)

Eliottledragon
le 27/05/2010 à 18:52 

Ce juge intérieur, c’est la bonne idée qui fait mouche mais décidément ne vient pas !
Lorsque l’accroche ne vient pas, mais que vite ! vite ! il faut boucler son papier… et bien j’applique la technique du « gueuloir », de Gustave Flaubert. Ce génie du style se suppliciait en imposant à son propre juge intérieur de se taire et de se tenir tranquille. il noircissait des pages et des pages avant de réduire tout ce fatras de mots inaudibles en quelques lignes… Il finissait enfin par les gueuler jusqu’à obtenir une fluidité extraordinaire… Je noircis, puis je rature et je réduis… jusqu’à obtenir un rythme qui chante de lui-même.
Parfois, cette technique ne suffit pas à raconter une histoire sincère, à donner à sentir et à voir… alors je pose la plume et je m’évade dans une balade, des lectures ou des films… Et tout à coup, la petite musique intérieure se met en marche impérieusement. L’inspiration surgit. Sons, odeurs, images et paradoxes s’imposent comme des évidences.
Le juge est relégué au 5e rang au fond de la classe.
Il réapparaitra le lendemain ou le surlendemain, il me tapera sur les doigts pour raccourcir encore. Aller à l’essentiel, peaufiner… Le plus difficile, c’est souvent d’y mettre un point final.

le 08/06/2010 à 22:43 

@Gwendoline : en effet, nous n’aimons pas être jugés. Pourquoi? Il me semble que le jugement tranche une relation, nous sépare du cœur, et manque tellement d’amour.
@Pommeliane : Cette technique de l’échauffement d’écriture, je l’applique depuis mon travail pédagogique avec Paul Le Bohec. Il m’a confirmé une démarche libératrice qui désamorce les craintes de l’écrit figé. Il jetait par exemple les brouillons avec énergie et amusement. Et souriait : « Quand c’est raté, c’est réussi ! »
@Eliottledragon : Amusant de retrouver ici une technique (celle de Flaubert), que j’emploie depuis 13 ans et recommande dans toutes les rédactions. Par ailleurs, la musique intérieure est une merveille à cultiver et saisir. On la nomme également désir, inspiration, fièvre d’écriture… Elle demande en effet un terrain d’évasion. Alors que le juge revient pour trancher, évaluer, et corriger. Chacun sa mission.

le 16/12/2010 à 21:26 

J’ai vu le dessin du fils d’une collègue, sur sa page facebook. La maîtresse avait écrit dessus : « Bravo, 10/10″. Mon commentaire :
Il dessine bien cet enfant ! Mais je constate avec tristesse que lui aussi est jugé sur son dessin. Horrible note qui conditionne la réaction des proches. L’acte de noter une œuvre spontanée de l’enfant laisse des marques nombreuses et parfois traumatisantes que je retrouve chez mes stagiaires. Le plaisir est touché, la peur du jugement est inoculée. Certains à force ne dessinent plus et n’osent plus créer. Ils se disent « nuls »… J’ai du créer un stage spécifique pour ça.


Laisser un commentaire

Connectez vous au blog avec :